Temple des légendes oubliées

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 Le voile déchiré

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Le voile déchiré    Dim 27 Mar - 14:22

L’arpenteur attendait devant la porte en grommelant. Il regarda le soleil. Un quart d’heure de retard ! Baldomir, tel était son nom, s’approcha du plan d’eau, tournant le dos à la porte. Il ne jeta aucun regard à son reflet, qui renvoyait l’image d’un homme de taille inférieure à la moyenne, à la barbe brune et hirsute, ses cheveux longs sales et mal peignés, aux traits secs, renfermés, qui dissimulait son corps sous un grand manteau noir, recouvert de poches. Il eut des bruits de voix. Baldomir disparu. Trois personnes approchaient : une jeune fille, plutôt jolie, en blanc, et deux hommes, l’un portant le tabard de l’Empire l’autre habillé de cuir et portant les habituelles sacoches des assoiffés. Pas de danger. L’arpenteur sortit de sa cachette pour observer les arrivants.
La fille avait des cheveux châtains et une mine sérieuse malgré son sourire, vêtue de blanc et de bleu, une sacoche au côté. Une magicologue. Elle regardait le milicien de l’Empire, droit et fier, une barbute sur la tête, sa cote de maille recouverte du surcot rouge avec l’étoile de corde, blason de l’Empire, qui parlait d’une voix grave. Le troisième personnage semblait rêveur, mais quelque chose d’à peine décelable prouvait qu’il était parfaitement attentif, sur ses gardes. Il était blond très clair, ses vêtements verts étaient recouverts presque en totalité par les sangles de ses sacs, qui arboraient souvent des rouleaux de parchemins ou des pochettes. Sûrement remplis de livres, un Assoiffé ne se déplaçait jamais sans. Ses traits étaient dissimulés par un chapeau à larges bord. L’arpenteur marmonna un salut quand ils l’atteignirent et précéda le groupe devant la porte. Une arche noire, de sept blocs taillés à la perfection, en partie recouverte de végétation. Le milicien commença.
- Bien. Nous somme réuni car les astrologues, scrutant sans cesse le ciel nocturne, ont relevés la présence d’une anomalie. Un trou dans la trame de l’univers. Avec l’aide des magicologues, ils ont découverts qu’il s’agissait sans doute de la trace d’un second voilé dont la protection serait déchirée. Après trois ans de recherche, ils ont réussi à identifier 21 lieux susceptibles d'abriter une porte vers ce nouveau monde. Une équipe a été envoyé pour chacun d'entre eux. Et vous trois, vous avez été choisi pour passer de l'autre côté de cette porte. Des questions ?
- Est-ce que vous avez des armes ? Demanda l’arpenteur à ce qui serait ses deux compagnons.
La magicologue fit non de la tête. L’arpenteur désigna son bâton.
- D'accord...
Il se retourna vers le garde.
- On est censé faire quoi une fois là bas ?
- Il y a de fortes chances que vous atterrissez dans un monde connu.
- Cela m'étonnerais, intervient la fille, cette arche subit de fortes pressions temporelles, il n'y a rien de tel dans les mondes connus.
- Alors, si ce monde n'est pas connu, il vous faut effectuer toutes les mesures possibles et imaginables. Autant magiques, harmonie du monde, présence d'éther, dimensions parallèles, nombre de plans et tout ça, que géographiques, géologiques, écologiques politiques et cætera. L'Empire veut des cartes et un maximum d'infos.
- On risque de rencontrer des créatures dangereuses ? Je suis le seul armé.
- Connwea, il désigna la magicologue, maîtrise un peu de magie simple. Et le bâton de Jarmar est redoutable.
- Assommant comme les livres j'imagine. Mais ça ira. Qu'attendons nous pour passer ?
- Le zénith, pour que vous puissiez vous repérer dans le temps une fois de l'autre côté.
Baldomir grogna et se détourna pour remplir sa pipe.
Connwea examina la porte.
Des deux côtés, les blocs étaient parfaits, sans la moindre fissure, la plus petite marque d'outil ou une minuscule trace d'usure. Rien. Aucune végétation n'avait d'ailleurs poussé de quelque sorte sur la porte : les lianes et les arbres étaient de chaque côté sans jamais la toucher.
Mais l'arche semblait vibrer, comme si les blocs bougeaient soumis à une pression incroyable. Qui poussait dans deux sens opposés. La magicienne essaya de calculer la différence de temps entre les mondes. Cela lui était impossible. La différence était tantôt incroyable, tantôt minime. Et il y avait quelque chose de l'autre côté qui semblait bloquer le temps. Incompréhensible. Elle s'éloigna de la porte et et regarda le soleil.
Jarmar regarda la mage dès qu'elle s'éloigna de l'arche. Elle leva ses yeux vers le ciel puis leur indiqua qu'il était l'heure. Allons bon. L'Assoiffé écouta parler le garde rouge, qui n'indiqua rien d'intéressant, et passa à travers l'arche avec ses deux compagnons.
Le milicien allait se détourner quand ils réapparurent de l'autre côté. Mais ils semblaient plus vieux, leurs vêtements, différents de ceux de leur départ, étaient usés, tachés de boue et de sang. L'épée de L’arpenteur était tirée, le bâton de L'Assoiffé brillait. Une lumière farouche luisait dans les yeux des trois. On les aurai cru rescapés poursuivis d'une grande bataille. Voyant où ils se trouvaient, ils se détendirent légèrement. Mais ils étaient toujours prêt à tout. Il y avait aussi entre eux une solidarité, une cohésion qui n'existait absolument pas à leur départ.
- Quand sommes nous ? Demanda Connwea.
Le milicien ôta son casque, se gratta la tête puis dit :
- Vous venez de partir.
L'incompréhension se lu un instant sur son visage. Puis le soulagement envahi son corps entier. Elle s'assit, invitant ses compagnons à faire de même.
- Il ne s'est pas passé de temps ici. C'est comme si nous n'étions pas parti.
- Pourtant je ressens le poids de chaque seconde passé en Eorzea !
- Toujours une histoire d'instabilité temporelle.
Elle se tourna vers le garde.
- On ne fera pas 23 récits. Sachez juste que nous sommes restés longtemps de l'autre côté.

Voici ce qui est arrivé aux  envoyés de l'Empire :

Les trois explorateurs se retrouvèrent dans les bois.
Une forêt d'arbres immenses, plus grand que tout ce qu'ils auraient pu imaginer. Des feuillus à l'écorce sombre, aux feuillages épais et avec des branches tout le long du tronc, jusque très bas, rendant le déplacement difficile.
Jarmar en examina un.
- Je n'ai jamais lu quoi que ce soit sur des arbres de cette sorte.
- Vous sentez ? S'écria la jeune femme. L'air est plus lourd ici. Presque vivant.
- Lourd c'est pas le mot que j'aurais utilisé mais oui. On dirait que les arbres préparent un sale coup.
- Ce n'est pas les arbres. Écoutez. C'est de l'éther. De l'éther gazeux. Incroyable ! Il y en a une quantité énorme !
- L'éther ce n'est pas ce qu'utilisent les alchimistes ?
- Si, sous forme liquide. Répondit l'Assoiffé. Sous forme gazeuse, ce sont les rares arcanistes et les manipulateurs. Mais il est très rare naturellement, et il est compliqué d'en fabriquer. Un flacon de gaz d'éther coûte cher et...
- L'éther gazeux est l'une des plus puissante sources d'énergie. J'imagine à peine ce qu'un bon manipulateur pourrait faire avec tout cela. Et il est pur !
- Et toi tu peux faire quelque chose de cet éther ?
- Pas directement. Il me faut me protéger d'abord.
La mage ouvrit sa sacoche et sortit des flacons et un appareil compliqué en cuivre brillant.
- Je fais les mesures, prends note s'il te plaît Jarmar.
- Moi je vais grimper à cet arbre, on doit voir jusqu'au bout du monde d'aussi haut.
L’arpenteur grimpa. Une heure plus tard il ne voyait toujours pas le sommet. Ni plus le sol en dessous.
- Nom d'une plume ! Cria t'il en s'asseyant sur une branche pour reposer ses bras. C'est à croire que ces arbres n'ont pas de fin. Je ferais mieux de redescendre.
Il s'enfonça dans les branches en maugréant. S'aidant des lianes, il réussit tant bien que mal à descendre assez bas pour atterrir dans les fougères sans danger.
- Alors ? Demanda il en rejoignant les savants.
- Ce monde est étonnant ! Seulement 7 plans, une, peut-être deux, dimensions,. 97% d'éther dans l'air, une harmonie diffuse, difficile à utiliser, tous les éléments magiques ne sont pas présents et pas en quantité égales.
- Niveau temps ?
- Je ne sais pas, c'est pas clair. Mais on subit des modifications temporelles dans tous les sens. Au total nous sommes arrivés une semaine avant notre départ.
- Je le sens mal ça.
- A raison. Si le temps ne s'équilibre pas, on risque un gros paradoxe. Nos "autres" qui partiront dans une semaine pourraient arriver ailleurs dans le temps, si bien que l'on pourrait se croiser, en tout cas on sera à deux endroits en même temps. Surveillez vos souvenirs.
- Et bah. C'est simple et pratique, comme toujours.
- Avançons, les conditions changent peut-être ailleurs.
- L'île est sans doute la seule à avoir autant d'éther.
- Comment sais tu que c'est une île s'exclamèrent les savants en se tournant vers l'aventurier.
- C'est logique. Si nous ne sommes pas sur une île, du moins foulons nous le sol d'une terre lointaine, inhabitée. Regardez autour de vous, nous sommes dans une forêt d'arbres immenses, du bois d'excellente qualité, beau, solide, qui doit difficilement brûler, qui, à mon avis, est imputrescible : si l'on creuse, on retrouvera des branches enterrées depuis quelques décennies et toujours en bon état, qui flotte.
Personne ne s'étonna des connaissances de l’arpenteur, les membres de cette guilde étaient capables de deviner beaucoup plus de choses grâce à une simple branche.
- Et alors  ? Demanda la magicologue.
- Vous croyez vraiment que des hommes, laisseraient telle chose à l'état sauvage ? Même ceux du 5ème monde n'y arriveraient pas !
- Il a raison, confirma L'Assoiffé. Pense au bois d'ajkfi. Tout un royaume en était recouvert, aujourd'hui on se bat pour la moindre écharde. Seuls des elfes, s'ils peuvent se défendre, sont aptes à protéger cette forêt.
- Très bien, puisque vous le dites. Dans ce cas que fait on ?
- On essaye de trouver la fin de la forêt. Vers le couchant. Décida Baldomir.
Il prit la tête du groupe.
La marche devint vite difficile, les fougères étaient plus épaisses qu'autour de la porte et atteignait parfois deux mètres de hauteur. Elles dissimulaient les branches basses qui fouettaient les aventuriers et cachaient tout possible sentier. Après deux heures de marche pour une avancée d'à peine une lieue l’arpenteur s'arrêta.
- Ça ne sert à rien. On n'avance pas. Est-ce que vous pensez pouvoir grimper ?
- Sans doute, mais nous n'irons pas  plus vite.
- Ho si. Regarde la suite.
Il écarta les fougères et révéla un impénétrable roncier. Il leur serait impossible de continuer par là sans déchirer leurs vêtements et leur chair et abîmer leurs armes, nécessaires pour écarter les branches épineuses.
Ils grimpèrent donc et progressèrent dans les branches, aidés par les conseils de Baldomir, habitué à ce genre d'exercices. La nuit tomba quelques heures plus tard, ils s'installèrent aux croisement de grosses branches. Le rôdeur interdit d'allumer un feu, ou même d'arracher une brindille. Cela fit soupirer Connwea.
- Qui pourrait nous suivre ?
- Je ne sais pas. Ils sont très discret. Des ombres. Peut-être des dryades. Ou des elfes, mais très furtifs alors.
Dans tous les cas des créatures qui aiment beaucoup les bois, d'un amour fusionnel. N'abimez rien.
- Et bien bonsoir alors. Réveillez moi pour mon tour de garde.
Elle s'endormit vite. Baldomir scrutait les bois en grommelant pour lui même. Jarmar, enfoui dans son duvet, écouta longuement les bruits nocturnes de la forêt.

- Debout !
Dès le lever du soleil, Baldomir réveilla ses compagnons de ce cri, n'hésitant pas à y ajouter des coups de pied. Il ne leur laissa pas manger quelque chose de chaud, refusant toujours que l'on allume un feu, et les pressa à repartir. Jusqu'à onze heure ils avancèrent dans les branches. Alors que le soleil était à une heure à l'est de son zénith ils se retrouvèrent  face à une falaise qui montait à pic.
- Et bien on n'avancera pas plus dans cette direction. Allons vers le sud.
- On peut toujours. Regardez, les arbres sont si grands qu'ils dépassent le sommet de la falaise, et leurs branches hautes s'emmêlent dans les basses des arbres du sommet. Il va nous falloir grimper verticalement et non horizontalement.
Les autres soupirèrent mais obéir. À midi, ils avaient dépassés les trois quarts de la falaise. Un peu plus tard, en marchant sur une branche ils atteignirent le sommet et s'abattirent sur le sol. Laissant les autres reprendre leur souffle, l'arpenteur vérifia les environs. En remontant un minuscule ruisseau qui se jetait au bord de la falaise, il trouva un marais, dans laquelle il récupéra de la tourbe pour le feu avant de revenir rapidement. Il prépara un repas.
Jarmar, assis en tailleur écrivit quelques vers dans la terre.
À côté de lui, Connwea les lut à voix haute :
« Au plus profond du ciel
Dans les cimes de l'arbre monde
Au milieu des racines
J'ai croisé un trésor qui nageait
                                                  KdC »
- Kaourentin del Cayla est celui qui a découvert le premier voilé. Il avait coutume de dire ce poème après une escalade, je pense qu'ils sont de circonstances.
Baldomir intervint.
- Kaour était arpenteur. Ces mots lui sont venus pendant qu'il grimpait au roc de confirmation.
- Il n'a rejoint la guilde que quelques années.
- Il était arpenteur avant de la rejoindre et l'est resté jusqu'à sa mort.
Il rapprocha son visage, ses yeux sombres plongés dans ceux de Jarmar.
- Kaour avait la Flamme dans ses yeux. Et même si elle a vacillé, elle était plus brûlante que jamais quand il est revenu. Pendant tout son voyage, selon son journal, elle a éclairé ses yeux. Avant d'être poète, mage des noms ou magicologue, Kaourentin del Cayla était arpenteur.
Il se recula et retourna devant le feu.
- Pourquoi une telle querelle ?
- Une vielle histoire, inutile de s'étendre là dessus.
- C'est bizarre d'entendre un Assoiffé dire ça.
- Certes. Sais tu qu'il était aussi magicologue ?
- Non. Je connais pourtant presque tous les travaux célèbres.
- Il a assisté Froular, précisé l'harmonie du monde...  Mais il n'était pas officiel.
- Vous venez manger nom d'une plume ?
Ils se dépêchèrent de rejoindre l’arpenteur, après quoi ils remontèrent à un arbre et reprirent leur avancée dans les branches jusqu'à la nuit.
Le lendemain fut tout aussi monotone, mais le surlendemain leur offrit quelques surprises :
En milieu de matinée, le sol se dégagea et ils purent marcher. Petit à petit les immenses arbres laissèrent place à des pins de plus en plus petits, même si leur taille restait respectable. Enfin ils atteignirent la mer. Une fine bande de sable la séparait de la forêt.
Baldomir jura. Cet océan était aussi agité que l'Hulh pendant une tempête. Aucune trace d'occupation côtière.
- Donc ?
- On tourne, répondit L'Assoiffé. Il y a sûrement un port quelque part.
- Il ne faut pas que l'on tourne en rond, ajouta Baldomir.
Il s'approcha d'un pin et arracha une branche.
À peine eut il fait craquer le bois qu'une demie douzaine d'arcs étaient pointés vers lui. Il fut promptement ligoté, bâillonné et aveuglé avant qu'il n'eut pu crier. Le même sort arriva à peine plus tard à ses compagnons sans qu'aucun puisse voir qui étaient leurs assaillants.

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Le voile déchiré    Ven 12 Aoû - 19:19

Aux voix, Baldomir compta au moins 20 personnes, mais il devina vite qu'ils y en avait plus. Des archers et des porteurs d'armes longues, lance, hallebarde ou autre arme d'hast, impossible de savoir. Elfes sans doute. Nom d'une plume qu'il avait été idiot d'arracher une branche !
Ils furent poussé dans la forêt sur plusieurs lieues. Jarmar, s'il ne comprenait pas la langue qu'utilisaient ses ravisseurs, reconnu un parler elfique, aux sonorités douces, rythme lent et une impression de vérité caractéristiques. Il s'y ajoutait des sons semblables aux chants d'oiseaux ou aux bruits des arbres qui ne laissaient aucun doute, c'était des hauts elfes sylvestres.
Ils marchèrent pendant plus d'une journée, les elfes ne semblant pas se soucier de la fatigue ou de la faim qui tailladait les ventres de leurs prisonniers.
Ils finirent par arriver dans un endroit peuplé, d'après les cris qu'on leur lançait et les regards qu'ils sentaient pesés sur eux.
Connwea écouta la mélodie du monde. Elle était sidéré, ils approchaient d'un arbre énorme, plus haut et plus grand que tout ceux qu'ils avaient côtoyés jusqu'à présent. On les fit monter quelques marches, passer à travers des portes grinçantes puis descendre de longs escaliers et patienter dans une cage qui semblait bouger. On leur retira toutes leurs armes et leur équipement. Celui qui se débattit le plus ne fut pas Baldomir mais Jarmar, qui refusait d'être séparé de ses livres. Quelques coups et l'acier froid d'une lame contre sa peau le calmèrent. On leur retira leurs baillons pour les interroger, mais les elfes se rendirent compte bien vite qu'ils n'avaient aucune langue en commun, malgré le nombre de dialectes que connaissait l'Assoiffé. Ils furent enfermés dans une salle où ils attendirent silencieusement. Ils avaient l'impression que leur tête les grattait, et virent petit à petit apparaître des hommes de lumière, puis leurs souvenirs. Jarmar cria :
- Concentrez vous sur un souvenir anodin ! Ils essayent de lire dans nos esprits.
Nom d'une plume ! Fut la seule réponse qu'il pu entendre. Il se concentra sur l'escalade de l'arbre face à la falaise, s’efforça de revoir chaque prise, de réentendre chaque paroles. Il n'osa se détendre avant que les elfes viennent les sortir de la salle. On les détacha et on leur retira leurs bandeaux dans un cachot en métal, sous terre, où ils furent tout trois enfermés. Sous la surveillance d'un jeune garde elfe.
- Tu peux faire de la magie ? Fut la première question que posa Baldomir.
- Je peux toujours essayer mais essayer mais ça m'étonnerait. Elle tapota un mur. C'est un métal magique.
- Du galtinc ?
- Non, tout à fait autre chose.
Elle tourna sa main droite, décrivant un cercle de ses cinq doigts. Une sphère grise apparu, frétilla puis disparut dans un éclair qui semblait sortir du mur le plus proche.
- Pas de magie. Il faut trouver autre chose si l'on veut s'échapper.
- Groumph.
L’arpenteur s'assied dans un coin et réfléchit à un plan. Jarmar s'approcha de la porte et essaya de discuter avec le garde. Au bout d'une demi-heure, ils conversaient dans une langue étrange où tout deux hésitaient. Mais ils se comprenaient, c'était déjà ça. On leur apporta un repas : du pain, du chocolat salé et des sortes de gaufrettes poivrées et croustillantes. L'Assoiffé fit part de ce qu'il avait appris à ses compagnons :
- Nous sommes dans le cachot lunaire, aux murs de cristal de Shola, le métal magique de ce monde, à 891 mètres sous terre. La salle aux souvenirs se nomme une "douche de lumière" si j'ai bien compris, mais les elfes n'ont pu voir que nos souvenirs après le passage de la porte. Nous sommes sur une île, Balamb Garden recouverte de forêt et habitée uniquement par des elfes. Deux clans d'elfes : les sylvestres et les elfes de sang. Et on a eu de la chance d'être pris par les sylvestres. Ils habitent la ville de Gridonia, organisée autour d'un arbre énorme. Le cachot est dans ses racines. Nous allons être jugé dans deux jours par la suprême reine et sa cour.
- Tu parles leur langue ?
- Je vais essayer d'en apprendre un maximum pendant qu'on est coincé ici.
- Ce n'était pas ma question.
- Il a raison.
- Pardon. Non, il parle une langue proche de l'elfique isolé des vielles plaines, mais c'est rare pour les elfes de cette contrée. Il pourra nous servir d'interprète au besoin, mais il vaut mieux que je maîtrise un maximum la langue.
- Hum. Et pourquoi nous ont ils enfermé ? Il y a une loi contre les étrangers ici ?
- Parce que tu as voulu briser une branche. C'est un crime.
- Évidemment. L'arbre a du souffrir. J'aurais pu y penser.


Baldomir retourna dans son coin, chercha sa pipe et son tabac puis se rappela qu'on les lui avait pris. Il grogna et ne dit plus rien.
Jarmar repris son dialogue avec l'elfe, essayant au début d'y inclure Connwea, mais celle-ci, incapable de comprendre leurs paroles, s’endormit, ce que fini par faire Jarmar. Baldomir ne bougeait plus mais seul lui aurait pu dire s'il sommeillait ou non.

Ils furent réveillés pour leur second repas. Le même que le précédent. Jarmar demanda l'heure au garde elfe, mais celui-ci refusa, il avait reçu des ordres pendant leur sommeil. Connwea, pour tromper l'ennui, révisa les alphabets magiques.
On vint les chercher et un elfe les conduisit dans de nombreux couloirs. Les aventuriers attendirent dans le Hall De l'Inquisition. Jarmar prenait en note tout ce qu'il voyait. Il était émerveillé par cette architecture jamais vue. Cependant, les trois explorateurs furent vite interrompus : les gardes venaient les chercher. Ils furent conduits dans une immense salle, des centaines d'elfes les observaient sans rien dire. Le silence était pesant. Baldomir trépignait:
-Ce silence est trop pesant, l'issu de ce tribunal ne m'inspire guère Nom d'une Plume !
-Ils ne nous feront pas de mal si nous faisons de même.
- Sauf que si on est ici, c'est parce que, d'après eux, on est en faute.
Ils furent conduits au devant de la salle, sur des bancs de bois finement ciselés, à même l’arbre. Très confortable. De l'eau leur avait été mise à disposition sur de petites tablettes. On leur demanda juste de s'asseoir, et de rester tranquille. Le silence sembla s'épaissir encore. Baldomir jetant des regards furtifs de tous les côtés, vit qu'une délégation d'elfes de sang s'était installée dans le balcon, et les visait d'arcs en cas de problème. Puis ils entendirent :
-Sa Suprématie Maëliss!
Tout le monde s'inclina devant elle, même les Elfes de Sang. Baldomir la regarda en clignant des yeux il n'avait jamais vu telle beauté. Maëliss lui adressa un sourire, l'arpenteur sembla fondre comme une bougie. Cinq minutes passèrent, très longues pour les aventuriers, un battement de cil pour les Elfes. Puis, un bruit se fit entendre. Une délégation de six personnes se présenta, et ils s'assirent sur des trônes tout justes amenés.
-Qui sont-ils ? questionna Jarmar.
-Vous avez ici la délégation des Sept Couronnes, dit le garde.
-Cela ne nous avance pas beaucoup, marmonna Baldomir.
-Si vous me laissiez finir, je pourrai vous le dire. Vous trouvez à gauche de Sa Suprématie Sa Majesté Aïcantar du Royaume de Nasocée, en suivant, vous avez respectivement Aylan, Empereur d'Ishgard, puis Erlandur de la Confédération Nordique Unifié Démocratique de Metacée. À droite de Maëliss, vous avez Melkor ,Tyran de L'Empire D'Octacée, puis Aemon du Doge Sérénisme constitutif de Zaroua. Enfin, vous avez le Roi Harold de Valirya.
-Je vous en suis reconnaissant, dit Jarmar.
Puis un Flash lumineux se produit, plein d'étincelles jaillirent. C'était Oerba Yun Fang, la déesse de la guerre. Le garde le souffla à la compagnie, et Maëliss leur fit signe de s'incliner. La déesse expliqua qu'elle était la pour se renseigner sur ces mystérieux étrangers, c'était apparemment chose commune en ce lieu, car personne ne semblait étonné. Et le procès put enfin commencer. La voix cristalline de la Suprême résonna dans ma Salle. Baldomir n'écoutait même pas, il était subjugué. Ainsi, la dirigeante expliqua le crime commis, s'en suivi une longue discussion pour connaître la punition qu'ils allaient subir. Il fut voté à l'unanimité qu'il ne subirait aucune punition, ne connaissant pas les lois. Ils le devaient principalement à Maëliss, qui avait convaincu l’assemblée, à l'aide de Jarmar et de sa logique. Connwea avait emmêlé tout le monde, et finit par se taire, rouge de honte. Baldomir était toujours dans le même état, à peine plus heureux de savoir qu'ils étaient libres. Mais ils n'allaient pas s'en sortir comme cela, beaucoup de questions, sur leurs origines, et leur présence en Eorzéa leurs furent posés. Ils leurs répondirent de leur mieux, chacun expliquant leur métier, leurs fonctions et leurs buts. Maëliss trouvait Baldomir ravissant, mais elle devait rester impartiale pour le moment. Les trois explorateurs furent libérés et un garde les conduisit vers...

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