Temple des légendes oubliées

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 Ans 789 après le sacre de Louis IX

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Sam 19 Sep - 15:30

Voilà la première histoire que je publie, sous forme d'un journal avec plusieurs annexes. Le début est un peu brusque, je verrai pour corriger ça plus tard.
Tous mes posts n'ont pas été relus et corrigés, si vous voyez une erreur (faute d'orthographe, faute de frappe, oubli d'un mot...) Signalez le moi, ça m'arrive.


Dernière édition par Kaourentin del Cayla le Mar 1 Mar - 11:06, édité 2 fois
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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Sam 19 Sep - 15:38

Ans 789 après le sacre de Louis IX, 31 jours après l’équinoxe de printemps.

Après quelques jours pluvieux passés à la Bibliothèque de l'Horloge, je retourne sur la route à la recherche de l'inspiration malgré un temps menaçant. Je pars vers l'Auberge des cuillères, que je compte atteindre dans deux ou trois jours. Ma sacoche au côté, ma cape sur les épaules et un chapeau sur la tête, j'avance en récitant les vers d'un poème elfique. Il est dit que l'éclaireur d'une compagnie d'Elfes aurait clamé ce poème dans le vent avant de quitter sa terre, dévastée :
"Rêver d’un Ailleurs
Où trouver le bonheur
Autre monde
Autre lieu
Où tout abonde
Là où les cieux
Touchent les Terres
De vastes mers
D’immenses monts
De fertiles plaines
Où paissent les moutons
Sous un château
Une grande ville
De beaux oiseaux
Et quelques îles
Dans l’océan.
De temps en temps
Tout se démonte
Et se remonte
Car c'est un Songe"
J'espère moi aussi atteindre une terre merveilleuse.

15 heures :
Je m'étais arrêté au pied d'un noisetier pour me tailler un bâton quand une chansonnette me tira de mes pensées. Je dégainai mon épée et me dissimulai derrière l'arbre. Quand la chanteuse entra dans mon champs de vision, je ne pus que pousser un soupir avant de ranger mon arme et sortir de ma cachette : celle qui imitait le chant de la goule des bois n'était autre que Vikia, une de mes amies. Elle sait de nombreuses choses et voyage de bibliothèques en temples à la recherche de connaissances oubliées par les hommes


Elle me vit et dit :
- Ha ! Kaourentin je te cherchais. Curunir voudrait te voir, nous avons trouvé une porte naine et il pense que tu saurais nous aider à l'ouvrir.
Je repris rapidement mes esprits pour répondre :
- C'est possible. Mais je devais retrouver Kushumaya à l'auberge des cuillères. C'est loin ?
- A un jour de marche si tu supportes les Passages.
- Alors allons-y.
Tout en discutant de tout et de rien avec la chercheuse, je m’interrogeais : Quel type de porte pouvait bien bloquer Curunir, l'un des invocateurs les plus puissants de ce monde ?
 
Après trois heures de marche et de discussions diverses, j'interrompis le silence tranquille qui s'était installé :
- Il va bientôt faire nuit, le passage est encore loin ?
- Il nous faut... traverser toute cette forêt sans nom, longer le Sopoip jusqu'au pont de Bengle et continuer vers Maethora sur une vingtaine de kilomètres. Donc oui.
- Alors trouvons un abri assez vite. Il y a une auberge sur la route ?
- Non, pas la moindre habitation jusqu'au pont. Que dit ta boussole ?

Je sortis de mon sac une boite cylindrique remplie d'eau sur la quelle flottait un rond de bois marqué de trois runes et portant une aiguille.
- La tour des voyageurs est dans cette direction, pas loin.
Nous reprîmes la route, atteignant la tour des voyageurs en un quart d'heure. C'était une tour en pierre de trois étages qui se dressait où bon lui semblait dans les bois. Avant d'entrer, je relut le panneau au dessus de la porte :
 « La sorcière qui vivait là

Un beau jour s’en alla

Partie avec ses seuls habits

Jamais plus on ne la revit ! »
 
Nous entrâmes dans une pièce ronde occupée par une table ronde et deux chaises.
La table était mise pour deux personnes. Vikia s’émerveilla : jamais elle n'était rentrée dans la tour. Après un rapide repas, nous gagnâmes la chambre. Mon "lit", celui de droite, au dessus d'une pierre marquée de Raido était toujours le même, un matelas sur le sol avec un duvet, mais celui de Vikia s'était fait pour elle : c’était un lit à baldaquin en bois massif, sans doute du châtaigner, avec des rideaux de toile bordeaux et un matelas épais recouvert d'une couette blanche avec des arabesques de toutes les couleurs. Vikia s'y installa, vêtue d'une chemise de nuit verte, du vert des jeunes feuilles au printemps et s’endormit rapidement. Après m'être débarrassé de mes sacs, sacoches, poches, étuis et gaines, je fis de même. Juste au moment où le sommeil me gagnait, j'entendis un rire d'enfant, ou de fée, qui sonnait tel une clochette.




Parmi toutes les espèces de goules encore présentes dans les mondes connus, il y en a une dont on entend rarement parler, et qui est bien singulière par rapport à ses congénères. Alors que la majorité des goules prennent la forme d’une vieille femme, la goule des bois préfère d’une créature humanoïde assez grande redressée mais qui parait petite car elle se tient courbée, presque accroupie. Les goules des bois ont la peau vert sombre, et portent des fourrures cousues pour former un masque et une tunique, ce qui signifie qu’elles sont assez adroites et intelligentes pour coudre. Elles sont carnivores et n’hésitent pas à s’attaquer aux hommes, elfes ou nains. Ce sont des adversaires assez coriaces, bien qu’il soit facile de les repérer car une goule des bois qui a faim chante. Un drôle de chant, entre ritournelle humaine et chant d’un oiseau, très reconnaissable.
Vikia Istilla, Encyclopédie de l’Imaginaire, Bestiaire


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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Mer 23 Sep - 12:23

35 ème jour après l’équinoxe
Les péripéties de ces derniers jours ne m’ont guère laissé le temps de gratter les feuilles de mon journal. Je vais donc aujourd’hui vous narrer ces quatre journées mouvementées.  

32 ème jour après l’équinoxe, récit.
Une vieille habitude d’arpenteur me fit lever avec le soleil. Je secouai rapidement ma compagne de route et descendit. Après un rapide petit déjeuner fait de biscuits secs, de confiture et de café un peu spécial, nous reprîmes la route. Mais à peine avions nous parcouru un kilomètre qu’une troupe de brigands nous prit en chasse. Comme ils étaient nombreux et lourdement armés, nous prîmes la fuite.  Seulement un autre groupe apparu devant nous. Nous sortîmes immédiatement du chemin pour nous enfoncer dans les bois en courant à perdre haleine. Quand les bandits furent légèrement distancés, Vikia s’arrêta et entreprit de sortir quelque chose de son sac.
- Pourquoi stoppes-tu ta course ? Lui demandai-je. Nous n’avons pas pris suffisamment d’avance sur nos poursuivants pour nous permettre une pause !
- Ils finiront bien par nous rattraper. Laisse-moi faire, et après nous fuirons.
Elle sorti de son sac une pierre rouge striée de noir qu’elle accrocha au bout de son bâton. Elle frappa plusieurs fois le sol avec la masse ainsi obtenue, suivant apparemment un rythme particulier. Au bout d’un moment elle rangea la pierre et dit :
- Maintenant fuyons ! Fuyons vers les dolmens d’Albéric, ils ne sont pas loin et nous y serons en sécurité !
Nous reprîmes notre course, déboulant sur un chemin en mauvais état qui nous mena à un pont en bois pourri que nous traversâmes sans ralentir. Une planche craqua sous mon poids mais je réussis à passer sur la suivante sans tomber à l'eau. Nous arrivâmes finalement à un dolmen.
- Vite ! cria Vikia essoufflée. Vérifie qu'il soit marqué d'une étoile sur la pierre droite !
En effet c'était le cas. Dès que lui eût confirmé la présence de la gravure, elle m'entraîna sous le dolmen et me jeta sur la pierre du fond avant de s'y plaquer elle aussi. Elle frappa six coups rythmés avec sa pierre rouge. Aussitôt le sol s'ouvrit sous nos pieds et nous tombâmes d'au moins trois mètres avant de toucher violemment le sol. Une voix enjouée, grave et qui prononçait étrangement les r, les l et les j nous accueillit.
- Ha ! Les amis. Je suis content de vous voir ! Vous passez bien trop peu souvent par les mines.

Une silhouette petite mais imposante et musclée se dessina dans l'obscurité. Sonné par ma chute, je ne la reconnus pas mais Vikia, pour qui le choc avait été amorti par mon sac et ma colonne vertébrale, fit un grand sourire avant de se jeter sur l'ombre en criant "Ornthrondk !" Il salua chaleureusement Vikia avant de m'aider à me relever. C’était bien lui, Ornthrondk le nain, que j'avais rencontré pour la première fois en même temps que Vikia et Curunir, alors qu'ils essayaient d'ouvrir l'entrée d'une vieille mine. Il était costaud et de taille normale... pour un nain. Il portait une barbe auparavant poivre-sel, mais qui avait fini de blanchir depuis notre dernière rencontre, avait sur lui une armure légère qui lui couvrait le corps des épaules jusqu'au haut des cuisses et tenait en sa main une hache, qui allait parfaitement avec le glaive à sa ceinture et l'arbalète dans son dos.

Il nous posait un tas de questions, enchaînant avant que l'on puisse répondre.
" Alors comment allez-vous ? Toujours dans ta poésie Kaour ?
Et toi Vikia dans la recherche de connaissances ? Comme si tu ne connaissais pas assez de chose ! Même notre vieux mage en sait moins que toi. Par contre vous auriez pu trouver une autre entrée, ces galeries sont abandonnées depuis longtemps. Celle là est même inondée ! Mais au moins vous pourrez vous laver, on voit et sent que vous avez couru. Quelle idée ça, courir ! Nous les nains, avons abandonné cette pratique barbare. Allez venez ! J'espère que vous nagez bien !
Nous répondîmes en chœur.
- Nager?!
- Hé bien oui nager ! J'ai bien une barque, mais elle ne nous transportera pas tous les trois ! Surtout avec tout votre attirail !
Il nous emmena vers une petite barque tressée, qui flottait au bord d'un immense lac souterrain.
- Déshabillez-vous et mettez tout votre barda dans la barque. Et à l’eau !

Je lui obéis et plongea après m’être débarrasser de mes sacs, mon cache poussière, ma chemise et mon jean. Vikia fit de même mais préféra s'immerger en douceur.
- L'eau est étrangement chaude ! dis-je étonné au nain.
- Hé oui, c'est pour ça qu’il n’y a aucun poisson. L'activité volcanique est importante dans le coin, et il y a une cheminée qui passe sous le lac.
Il ramait entre Vikia et moi.
-  Et comment vont Tradalié et Tradalia ? demanda Vikia.
- Du mieux qu’elles peuvent ! Tradalia a suivi ton conseil, et apparemment tu avais raison. Quant à la ville elle est toujours en expansion en fonction des découvertes… Il y a peu, on a découvert un filon de diamants rouges, ceux qui sont utilisés pour les dagues Atlem... »
Il continua ainsi pendant un bon moment avant que les rivages de la cité naine soient enfin visibles.
- Et voilà. J’imagine que vous n’allez pas rester … il poussa un soupir
- Non, Curunir nous attend. Il a trouvé une porte, sans doute naine, qui doit garder de nombreux secrets.
- J’aimerais bien vous accompagner…  Il se reprit d’un coup et toute trace de tristesse disparue.  Mais j’ai des choses à faire ! On compte sur moi ici. En revanche je dois pouvoir vous guider jusqu’à la sortie. Où allez-vous ?
- Vers Maethora, il y a un passage qui nous conduira directement au site.
- Alors c’est parti ! Laissez-moi juste le temps de prévenir les filles. »
Il partit vers la ville et s’enfonça dans les rues. Nous en profitâmes pour récupérer notre "barda".
Quand il revint, Ornthrondk était accompagné d’un nain habillé tout en bleu, avec une longue barbe rousse, un sac sur une épaule et un perroquet sur l’autre. Il se présenta comme un neveu d’Ornthrondk qui nous accompagnerait en temps qu’ambassadeur.

Il avait l’air nettement moins bavard que son oncle. Nous partîmes donc à quatre. Ornthrondk, qui avait fait presque toute la conversation durant le trajet, quitta notre petit groupe dès que nous fûmes hors des mines, en nous conseillant de ramener son neveu en un seul morceau.
- As-tu une idée de l’endroit exact où nous sommes ? demandai-je à Vikia
- Oui, sur la route entre pont de Bengle et Maethora. Le passage est à deux kilomètres.
- Il y a un passage par ici ? questionna le nain.
- Oui, ouvert par Celle-qui-fait-danser-les-pierres lors de son déménagement de Maethora vers le désert d’Eleila. Et refermé incorrectement, ce qui permet de le faire aboutir là où on veut.
Vikia nous fit emprunter un sentier qui s’éloignait de la route pour s’enfoncer dans un bosquet de houx, qui formait une demi-sphère parfaite.
- Voilà c’est là… Mais je ne suis pas capable de m’en servir. Kaourentin tu peux l’ouvrir ?
- Sans souci. 
Je levai les bras pour retrousser les manches de mon manteau et prononcer une incantation simple, qui liait les runes Raido (le voyage), Eiwaz (les liens) et Kenaz (la lumière, le guide), ce dernier associé à Vikia puisqu’elle seule savait où nous nous rendions. L’intérieur du bosquet s’illumina de blanc. Quand nous ressortîmes du houx, nous nous trouvions dans une forêt assez sombre faites d’arbres immenses sans doute plusieurs fois centenaires. Curunir nous y attendait.
Il avait l’apparence d’un magicien classique : un vieillard à l’air sévère, portant barbe blanche et longues capes vertes et marron.
- Vous voilà enfin ! 
- Oui, et maintenant que tu es là, tu vas pouvoir m’expliquer précisément le problème.
- Vikia ne l’a pas fait ?
- Elle n’a pas voulu.
- Alors venez, il y a des sièges plus loin. »
L’invocateur nous conduisit vers un feu autour duquel étaient couchés des troncs d’arbre. Nous nous installâmes et il commença son récit :
- En cherchant dans la Bibliothèque de l’Horloge, Vikia a trouvé un vieux livre qui parlait de la mythique cité d’Eliandre.  Il décrivait notamment une mine secrète qui permettait d’y accéder. Par regroupement de textes, nous avons identifié trois portes susceptibles d’être l’entrée du passage. La première était écroulée et nous avons ouvert la seconde, qui cachait une mine tout à fait normale. Ne restait donc que celle là, que n’avons pas réussi à ouvrir. Persuadée que le texte qu’elle n’arrivait à traduire au dessus de la porte était la clef, Vikia est partie à ta recherche pensant que, en tant que mage des Mots et des Noms, tu saurais déchiffrer ce texte. 
- Il me faut le voir.
- Viens. 
Il nous amena entre deux arbres, au pied d’une falaise couverte de mousse et de plantes grimpantes. Une partie avait été arrachée récemment, révélant une porte de pierre aux contours de cristal. J’observai le texte pendant un moment avant de dire.
 
- Non.  Je suis incapable de saisir le sens de ce texte. C’est une énigme et une clef c’est vrai, mais le sens est caché, comme par un code secret. Mais je peux affirmer une chose, ce n’est pas du nain de la seconde dynastie runique.
Vikia intervient.
-  Si, c’est forcément du nain de la seconde dynastie, eux seuls utilisaient ces caractères.
- Non, ce texte est plus récent. Et il ne « sonne » pas nain dynastique. Qu’en penses-tu Enderonk ?
- Je ne peux pas traduire ce texte, ça c’est sûr. Quant à la date… Je pourrais me prononcer en voyant la base des colonnes, mais elles sont enterrées.
- Alors il faut les déterrer. Curunir, peux-tu invoquer une créature qui creuserait la terre au pied de la porte sans abîmer la paroi ?
- Sans souci. N’importe quelle taupe pourrait faire l’affaire, mais il nous faut quelque chose de plus rapide ; aussi vais-je invoquer ritple-far le fouisseur. Eloignez-vous, il est puissant. 
Quand toute la troupe se fut éloigné, il leva les bras et prononça une longue incantation. Des éclairs de plus en plus gros et nombreux crépitaient dans ses mains, puis un énorme ver apparut. Il regarda l’invocateur qui lui donna des ordres dans une langue étrange. Le ver se mit aussitôt à creuser, dégageant en quelques minutes un bassin de vingt centimètres de profondeur devant la porte et révélant les bases des colonnes. Curunir renvoya le ver et nous convia à nous rapprocher. Le nain bleu examina attentivement les socles avant de déclarer :
- Troisième ordre forestier, ces bases sont typiques.
- On ne parlait plus le dynastique à cette époque.
- Non, mais ces runes était encore utilisées par les orcs comme chiffres, déclara Vikia.
- Alors les nains se sont bien moqués de nous ! Quelle langue parlait-on sous le troisième ordre forestier ?
- L’elfique des nains était utilisé par les cinq premiers ordres forestiers, le sixième vu naître la langue des bois naine.
- Y a-t-il une correspondance particulière nombres/lettres dans l’elfique des nains ?
- Pratiquement la même qu’en elfique. Ce qui donne… 
« Vous trouverez en delà de cette mine
Maintes merveilles d’un royaume oublié
Mais y accéder serait un crime
Si cette énigme vous n’avez pas passée
Il y a en cet endroit une chose
Qui peut porter des milliers de tonnes
Mais pas la moindre petite aiguille
Sur la pierre son nom il vous faut écrire
Mais prenez le temps de réfléchir ».
 
 
33 ème jour après l’équinoxe, récit.
Ne trouvant pas de réponse, nous nous couchâmes rapidement affirmant que la nuit porte conseil, proverbe qui entraîna quelques mauvaises blagues avant que le camp ne devienne calme.
Quand je me réveillai, alors que la lumière du soleil commençait à colorer le ciel, j’eus la surprise de voir devant moi un chat blanc comme neige qui me regardait avec ses grands yeux verts et ouverts. Il portait un collier.
 - Salut Questior, dis-je d’une voix encore ensommeillée. Comment se fait-il que l’on ne t’ai pas vu hier ?
- Je chassais. Mais Vikia m’a tout raconté. 
Contrairement à la majorité des animaux doués de parole, il s’exprimait parfaitement, bien que sa voix soit mentale, et ne cherchait pas à exprimer des idées par image, odeur ou autre, mais bien par des mots.  Je me demande toujours comment il a appris à parler ainsi, mais Questior à tendance à poser des questions et à ne jamais répondre à celles qu’on lui pose et Vikia n’en sait rien, quand elle l’a récupéré, il était déjà capable de parler et rempli de curiosité. Le chat se déplaça et s’assit devant le nain, le regarda pendant un moment, puis partit au moment où il se réveillait en sursaut.
Nous étions installés autour du feu éteint quand Vikia se leva d’un coup, faisant tomber Questior de ses genoux, en criant :
- La mer ! C’est la mer ! Elle peut porter des milliers de tonnes d’embarcations mais si on y pose une aiguille, elle coule. La mer ne la porte pas ! 
Tout le monde avoua que c’était sûrement la bonne solution, excepté Questior très mécontent d’avoir été jeté à terre.
Vikia écrivit donc à la craie blanche « mer » en elfique nain du troisième Ordre forestier.  Chaque gravure dans la pierre qui marquait les contours de la porte s’illuminèrent un instant avant de disparaître, entraînant la porte avec eux. Il y avait désormais un trou dans la falaise.
Nous nous y engageâmes.
Au bout d’une dizaine de mètres, le tunnel déboucha sur une vaste salle aux parois percées d’alcôves qui devaient abriter des boutiques à l’époque où ces souterrains étaient utilisés. Des dizaines de tunnels partaient dans toutes les directions, impossible de savoir lequel emprunter. Alors que les regards de mes compagnons se tournaient vers le nain, qui semblait être aussi étonné qu’eux, je mis un genou à terre et dessina dans la poussière le lokk de l’as de pic : deux Eihwaz (l’if, les liens) opposés et un Kenaz (la lumière, le guide) puis je soufflai sur le dessin en invoquant mentalement Raido. La poussière s’envola, tourbillonna avant de se poser. A l’endroit où le tourbillon s’était arrêté, un as de pique était dessiné, indiquant une direction.
- C’est par là, dis-je en m’avançant vers le tunnel indiqué par le sort.
- Comment le sais-tu ?demanda Questior
- Je suis magicien.
Le tunnel continua sur trois kilomètres avant qu’Enderonk, qui était passé en tête nous arrête.
- Stop ! On ne va pas plus loin. Cette galerie est bouchée.  Il fit mine de faire demi tour mais Questior lui demanda :
- Pourquoi ?
Le nain soupira avant de répondre : 
- Avez-vous déjà entendu parler des dragons gardiens ?  Pas les vrais dragons, les dragons gardiens. Ceux qui ne voyagent jamais et ne rêvent pas d’aventures et grands espaces. Ceux qui sont installés sur un tas d’or depuis des lustres et qui ne bougent que pour croquer les voleurs. Il fut un temps où ses dragons étaient des hommes, des nains ou des elfes ou n’importe quelle créature qui connaît la valeur de l’or. Ces créatures pullulaient à l’époque des Ordres. Des orcs, des gobelins pas encore civilisés ou exterminés par leurs congénères des villes, des trolls capturés par les humains et rendus fous, des renégats nains, des bandits humains ou des explorateurs qui pouvaient voler le trésor des ordres. Alors les nains ont ensorcelé leurs richesses. Seuls ceux qui portaient une amulette spéciale pouvaient accéder aux coffres. Tous les autres étaient transformés en dragons qui avaient pour unique but de protéger les voleurs en les empêchant de toucher au trésor. Pour ces dragons, la mort était mille fois préférable à la transformation.  Dans la salle derrière moi, est entreposé un de ses trésors maudits. Je n’ai pas vu les dragons mais nul doute qu’ils ne sont pas loin. Donc on ne passera pas.
- Le chemin vers la cité d’Eliandre passe pourtant par là. Il nous faut traverser. Ces dragons chassent les voleurs. Etant donné que nous n’en sommes pas, il doit être possible de passer.
Il resta silencieux un moment avant d’accepter.
- Soit. On passera. Vikia tu prends ton chat dans tes bras, tu te concentres sur lui et uniquement sur lui. Questior tu te concentres sur Vikia. Nous autres, il nous faut penser à quelque chose qui soit précieux pour nous mais qui n’est pas un trésor. Kaourentin ?
- Je peux me réciter un poème et me concentrer dessus.
- Très bien, mais en silence. Curunir ?
- L’odeur de l’Océan.
- Ca ira. Maintenant plus aucun bruit. Restez concentrés, ne touchez à rien et regardez droit devant vous. Allons-y.
Il entra dans la salle.
La salle, carrée contrairement aux autres, était en effet remplie d’or. Les murs de droite et de gauche étaient invisibles, trop éloignés, mais le mur du fond, qui paraissait être en agate bleue, était visible, à plusieurs dizaines de mètres. Il était percé d’une porte qui révélait l’incroyable épaisseur du mur d’agate. Un chemin sinueux reliait les deux portes, délimité de chaque côté par un tas de pièces d’or ou d’argent de toutes la tailles, mais aussi des coffrets de bois ou de métal ouvragé, des étoffes colorés, des pierres précieuses diverses : quelques diamants, pas mal de rubis dispersés un peu partout, des saphirs, des émeraudes, des zircons, des aigues-marines, des topazes, des opales, des grenats, des péridots  et de nombreuses autres que je ne pus détailler. Le tout apportait d’agréables touches de couleurs à la masse dorée. Nous avançâmes dans le plus grand silence, les six vers de mon poème tournaient en boucle dans ma tête :
 
Faute
Juste une erreur
Et tout bascule
Faute
Mauvais calcul
Revoilà le malheur
 


L’angoisse d’Enderonk, juste devant moi, était presque palpable. Mais malgré son inquiétude nous traversâmes la salle sans autre alerte qu’un rugissement lointain. Le tunnel de pierre continuait sur des kilomètres. Au bout d’une vingtaine, nous nous arrêtâmes et installâmes le camp dans une large alcôve. Après un repas frugal composé de pain, de saucisse et de fruit, nous nous endormîmes rapidement.
 
 

Les arpenteurs sont des aventuriers, des explorateurs…  Ils n’ont aucun pouvoir particulier si ce n’est un excellent sens de l’orientation. Ils parcourent les mondes à la recherche des chemins les plus beaux, les plus courts, les moins dangereux…  Ils sont employés par les marchands, les caravaniers et les pionniers comme guides ou éclaireurs.  Leur guilde est gouvernée par un conseil de cinq membres qui se réunit presque uniquement pour régler des différents entre arpenteurs ou rappeler à l’ordre des arpenteurs qui ont transgressé le code d’honneur. Seuls les arpenteurs connaissent ledit code d’honneur. Les arpenteurs ne doivent porter aucune tenue réglementaire ou traditionnelle, aussi la plupart choisissent des vêtements confortables et discrets, mais beaucoup portent un manteau qui leur arrive à mi mollet ou aux chevilles. Les arpenteurs n’ont aucun signe particulier qui permet de les distinguer pourtant un arpenteur qui en croise un autre le reconnaîtra à coup sûr, d’après quelque chose dans le regard, dans la posture, qui prouve que c’est un arpenteur. Lorsqu’un arpenteur reconnaît un autre arpenteur, il le salue d’un signe de la main droite en disant : « Que tes mots soient écoutés

Et tes silences respectés. »

L’autre doit faire le même geste en répondant : « Paix en toi

                                                                               Harmonie parmi tes étoiles. »

Puis ils doivent joindre le bout de nos doigts, main gauche pour celui qui a commencé, main droite pour celui qui à répondu, en finissant : « Puissent tes pas te mener vers la félicité. ».

Il est parfaitement possible de quitter la guilde, mais c’est très rare et la personne qui quitte la guilde garde la philosophie et l’état d’esprit des arpenteurs.

Vikia Istilla, Encyclopédie de l’Imaginaire, Guildes castes et communautés
 
 
34ème jour après l’équinoxe, récit.
Le tunnel continuait encore, encore et encore. Nous ne nous arrêtâmes jamais plus de quelques minutes pour manger, les autres pauses duraient peu de temps et servaient juste à trouver la bonne direction à un carrefour. Ce fut pendant l’un de ces arrêts qu’un étrange personnage nous rejoint.  Il tenait une épée, et portait un grand manteau assez semblable au mien, sauf que le sien était noir et fait de cuir. De plus la coupe était différente et l’extérieur de ce manteau était recouvert de poches, de sangles et de crochets. En fait, il était totalement différent du mien, qui était sable, en toile cirée et toutes les poches sauf celles pour les mains à l’intérieur.
- Hola voyageurs ! Que faites-vous en ces contrées souterraines ? Vous êtes-vous égarés ?
- Que nenni, répondit Enderonk. Nous rendons en Eliandre, guidés par un puissant mage.
- Il y a un mage parmi vous ? »
Il regarda chacun des membres du groupe avant que son regard se pose sur moi. Il me dévisagea puis fit tourner sa main droite en fermant puis rouvrant le poing, doigts vers moi, paume face à lui puis vers le ciel, en disant :     
                           « Que tes mots soient écoutés
                                                                                              Et tes silences respectés. »
Je fis le même geste avec la formule : « Paix en toi
                                                                                              Harmonie parmi tes étoiles. »
Nous joignîmes le bout de nos doigts, main gauche pour lui main droite pour moi, en finissant : « Puissent tes pas te mener vers la félicité. » Puis il se présenta :
- Je suis Barthélemy Kazan, j’appartiens à la guilde.
- Je suis Kaourentin del Cayla, j’étais arpenteur.
 
 
Les lions de ველური (prononcer tantale) sont des créatures sanguinaires et barbares, des grands prédateurs solitaires, extrêmement agressifs. Ils ressemblent à des lions très grands (environ 1,70 mètre au garrot pour 3 mètres de longs) leur fourrure est argentée. Les lions de ველური peuvent rugir comme des lions normaux, mais ils ont aussi un rugissement étrange, qui ressemble au bruit du papier que l'on déchire. Ils peuvent ronronner de contentement mais c'est très rare.
Les lions de ველური vivent dans les forêts où ils chassent toutes les créatures suffisamment grosses. Il est possible que des lions sortent de leur forêt pour attaquer des troupeaux de vaches ou de chevaux. Heureusement les lions de ველური sont très rares et vivent sur un immense territoire, si bien que l'on en rencontre peut souvent.


Vikia Istilla, Encyclopédie de l’Imaginaire, Bestiaire


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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Ven 25 Sep - 19:26

35ème jour après l’équinoxe
Notre nouveau compagnon ne fit aucun effort pour s’intégrer au groupe. Il nous suivait uniquement car il avait besoin de nous pour connaitre le chemin vers la sortie de cette mine dans laquelle il errait depuis deux semaines. C’est pour cette raison que j’avais quitté la guilde, je ne supportais plus cette manie de s’isoler de rester solitaire et renfermé. Barthélémy faisait donc des allers-retours entre nous et le prochain carrefour. C’est néanmoins ce qui nous sauva. Ce qui nous sauva en effet car c’est l’arpenteur qui vit les skers en premier et qui pût nous avertir que le tunnel était envahi. Comme il savait reconnaitre ces dangereuses créatures de loin, il ne fut point attaqué. Mais nous devions passer. Aussi, dès qu’il nous eu prévenu je fis arrêter le groupe. Je sorti d’une escarcelle qui pendait à ma ceinture une fronde à énergies : un solide ruban de tissu de trois centimètre de large avec un mousqueton en Galtinc à chaque extrémité.
- Tu as le troisième don ? me demanda Vikia
- Non mais je sais me servir un petit peu de cet engin, suffisamment pour repousser des créatures magiques telles que les skers.
Tout en parlant, je pliai ma fronde en deux et attachai ensemble les deux mousquetons en psalmodiant un Gladr. Le métal magique grésilla puis émit une douce lumière blanche, ma couleur de magie.
-  Allons y. Restez derrière moi, pas trop loin mais suffisamment pour ne pas prendre un coup.
La tenant presque à la pliure, je fis tourner ma fronde pour estimer la distance puis je lui fis décrire, des huit, des arcs de cercle et autres arabesques, formant une danse complexe devant mes yeux. Les singes me regardèrent fixement, les plus peureux s’enfuyant par l’un des milliers de trous qui perçaient les parois. Un filet d’eau coulait du plafond et serpentait sur le sol, créant l’humidité nécessaire aux skers. Nous avancions doucement. Soudain, derrière moi, un cri et un miaulement simultanés me firent sursauter et retourner dans le même mouvement : un sker avait sauté sur Vikia, qui portait Questior, et était en train de lui arracher les cheveux. Le coup de hache porté par Enderonk traversa l’espèce de singe comme si il n’existait pas. Un coup de ma fronde le fit déguerpir en couinant. Nous continuâmes à avancer. Au bout d’un moment, les skers se mirent à s’agiter et à crier, ils s’enfuyaient en masse par les trous tout justes assez large pour en laisser passer deux cotes à cotes puis un rugissement. Les derniers singes partent. Un pas lourd retentit devant nous. Une forme argentée apparu. Elle se rapprocha, me permettant de distinguer ses contours. Un lion de ველური ! La pire des espèces magique. Le pire des prédateurs. Un lion de ველური.
Je me concentrais. Pas question de nous laisser dévorer. J’avais une fronde à énergie, la seule arme utile contre toutes les espèces magique. Je changeais de sort. Ma fronde fit des arcs plus rapides et plus petit : ce n’était plus un sort de défense mais un sort d’attaque. Je n’avais pas le pouvoir d’utiliser pleinement cette arme, mes sorts de défense se briseraient sous l’attaque du lion. En même temps mon cerveau turbinait à toute allure. Qu’est ce qui pourrait arrêter ce monstre ? Les armes classiques le traversent comme de la brume et la plupart des magies ne l’affectent pas. Il m’aurait fallu une lame mythique comme Excalibur, Joyeuse, Durandal, Nasfé, Al-'Adb, Courtain, ou tout autre arme magique, comme l’épée templière que j’avais, pauvre de moi, préféré laissé au fond de son temple. Ou alors réussir à accumuler suffisamment d’énergie pour que…
Stop.
 
Retour en arrière.  « la plupart des magies ne l’affectent pas » Oui, la plupart. Cette nuance était très importante. Elle signifie que certaines magies peuvent affecter les créatures magiques. Et j’en maitrisais une. J’étais mage des Mots et des Noms, pas simple mage runique ! Que cette magie serve, pour une fois !
Je me préparais donc à utiliser la langue monde. Pour donner un ordre. L’impératif de cette langue prend des formes bizarres en AHI. Ansuz pour la parole, Hagalaz et Isaz pour la volonté. Et Hagalaz pour la force d’imposer cette volonté.
Concentration…
Je laissais les runes m’imprégner pleinement. Elles me brulaient presque. Maintenant la phrase. Le nom du lion d’abord. Correctement décliné pour l’impératif adressé à lui, cela donnait : Haustagoeolhwî.
‘’Vas t’en’’ maintenant. Cela fait…  HegoaHics.
Il ne me restait plus qu’a le prononcer. La bête était maintenant toute proche. Une goutte de sueur coula sur mon front. Je prononcai d’une voix forte, sans buter sur les sons étrangers « Haustagoeolhwî HegoaHics. » Le lion rugit. Montra les crocs. Rugit encore. Je répétai, plus fort. Le lion recula petit à petit puis disparu.
Le dernier son que j’entendis est un cri de joie.  Je m’évanouis.
 

35ème jour après l’équinoxe, suite.
Je me réveillai en sursaut, me redressant d’un coup en inspirant une grande goulée d’air. Je crus apercevoir Questior avant de retomber. La tête me tournait. Reprenant peu à peu mes esprits, je pus observer mon environnement.  J’étais torse nu, allongé sur un lit de camp en bois et en fourrure. Mon premier reflexe fut de porter la main à mon cou. Mon poing se referma sur un pendentif. Ouf, il était toujours là. Je regardai ensuite tout autour de moi. J’étais seul sur un lit au fond d’une yourte. En plus du lit et d’un autre un peu plus loin, l’espace était  occupé par un poêle central au pied duquel était  posé un seau en bois, des tapis roulés ou dépliés étaient sur le sol, ainsi qu’un tabouret en toile et deux coffres en bois ouvragés, l’un recouvert de rouleaux de parchemins, l’autre de flacons de verre. Si Questior était là, il avait disparu. Un étrange assemblage de bois, de cuir et de métal attira mon attention. J’étais en train de le détailler quand Vikia, Questior et une vielle femme entrèrent. La femme avait l’air très âgé. Ses cheveux étaient blancs avec une unique mèche noire. Son visage était très ridé, ses yeux noirs. Elle portait une robe de toile brune rapiécée en plusieurs endroits avec des bouts de cuir ou de fourrure. Une série de plumes violettes et une pierre vert/bleu pendaient à son cou, accrochées à un cordon de cuir. D’autres plumes, violet sombre, vert/bleu ou brun clair étaient accrochées un peu partout sur son vêtement, plusieurs entremêlées dans des tresses de cuir.    Elle s'avança vers moi. Ses mains brillèrent du même violet que ses plumes. Ce violet... il me disait quelque-chose sans que je trouve quoi. Elle se pencha et je vis distinctement ses yeux. Ses yeux aussi je les avaient déjà vus. Les mêmes yeux... Non d'une autre couleur. Mais sinon les mêmes yeux. Sur une autre personne.
"impossible" murmura la femme comme si elle avait lu dans mes pensées.
Et pourtant si.
Le même regard, la même façon d'observer le monde, la même sagesse dans les yeux.


Pas de doute, je pensais trop fort.
La mage me regardait et murmura, ou pensa je ne sais, "Stella".
Oui c'était cela.
Stella l'Enchanteresse avait les mêmes yeux. Et le même violet comme couleur de magie. La vielle femme allait ajouter quelque chose quand sa magie réagit.
L'espèce de brume épaisse et violette faisait des spirales autour de mon médaillon. Médaillon doré en forme d'arbre, qui pulsait douloureusement sur ma poitrine. La mage retira ses mains et le médaillon redevint inerte.
- Tu vas bien. dit-elle. Mais ton amulette empêche ma magie de fonctionner correctement. Je te conseille de rester couché.
 Elle sorti.
- Vikia, j'appelle, peux tu sortir de ma sacoche l’aigremoine, le sel et un flacon vide s'il te plaît ?
- Bien sûr !
Mon sac et mes affaires étaient au pied du coffre à parchemins. Vikia chercha dans ma sacoche et demanda :
- C'est pour le médaillon ?
- Oui. Il s'agit d'Himff, l'arbre de vie. Le fils de l'arbre monde. Beaucoup de monde cherche ce médaillon dans notre monde et j'ai du l'entourer de sorts de dissimulation qui, malheureusement, désactivent ses pouvoirs.
- Tu comptes les défaire ?
- Oui. Je pense que personne ne le connais ici. "

Je déposai une couche de sel au fond du bocal. Puis le médaillon. Je le recouvris de sel. Enfin j'y versai lentement l'aigremoine en prononçant une formule runique. L'arbre sonna comme un cristal que l'on fait chanter. Il y eu un éclair blanc puis tout redevint calme. Je me senti encore plus fatigué. Le sel et l'aigremoine formaient une boue blanchâtre sur laquelle le médaillon flottait. Il brillait comme si il était neuf et toute trace d'usure avait disparu. Dès que je l'eu remis autour de mon cou, je senti une douce chaleur et la fatigue me quitta. Les battements de l'arbre se calèrent peu à peu sur ceux de mon propre cœur.
Vikia tira un tabouret et commença à me raconter comment on était arrivé là.
- Après que tu ais fait fuir le lion de პელღრი, tu t'es évanoui. La magie t'a pris trop d'énergie je pense. En tout cas la voie était libre.
Barthélémy t'a pris sur son dos et nous avons continué. Heureusement pour nous la fin du tunnel n'était pas loin, peu après une étrange arche en pierre très noire, très différente de la pierre du reste du souterrain. Enfin... Donc la fin du tunnel n'était pas loin, ce qui explique la présence d'un lion qui ne vit que dans les grands espaces ouverts. Nous avons débouché au pied de hautes montagnes, au bord d'une plaine immense. Nous avons marché une lieue, droit devant nous, sans apercevoir âme qui vive avant de voir le camp. Une bonne vingtaine de tentes blanches qui brillaient à moins d'une demie lieue. Nous avons été accueillis par des hommes montés sur des étranges créatures sûrement endémiques de la plaine qui nous ont escortés jusqu'au camp. Tu as été installé dans la tente de la mage et seul Questior a pu te surveiller alors que nous étions reçus par le conseil de la tribu. Quand tu t'es réveillé mon chat est venu me chercher, avec la mage.
 Ledit chat choisi ce moment pour apparaître et se frotter contre les jambes de sa maîtresse en ronronnant. Vikia le prit et l'installa sur ses genoux.
- Et maintenant ? Demandai-je.
- Les nomades de la tribu des bleuets ont accepté de nous accueillir. Nous allons manger avec eux puis se disperser pour suivre nos hôtes dans leurs tentes respectives.
- Quand ?
Vikia allait me répondre quand la mage rentra dans la yourte.
- Je souhaiterais parler en privé avec le magicien.
- Très bien, je sors. Kaourentin, je viens te chercher pour le repas.
La mage s’assied sur le tabouret que Vikia venait de quitter et me regarda un certain temps en silence avant de dire, d’une voix fatiguée mais pleine d’espoir :
- J’ai vu dans ton esprit que tu connaissais Stella. Parle-moi d’elle, s’il te plait.
- Pourquoi le ferais-je ?
Elle se tut. Semblait réfléchir. Puis enfin elle répondit.
- Parce que c’est ma fille. Et que personne ne peut refuser à une mère des nouvelles de son enfant.
Je soupirai en fouillant dans mes souvenirs. Par où commencer ? Peut être par le début tout simplement.
- Je l’ai connu quand j’avais sept ou huit étés. Mes parents et moi avions fui les violences de notre village, mon village natal, et nous étions arrivés à Sezaryom. A cette époque, le druide Séverin apprenait à lire, à écrire et compter à tous les enfants du village qui le désiraient. C’est là que nous nous sommes rencontré. On s’est bien entendu et on a passé pas mal de temps ensemble jusqu’à nos douze été. Là, j’ai été choisi par un magicologue comme apprenti alors que Stella et tous les autres ont suivis l’enseignement du druide pendant encore une année. Puis ils sont partis travailler, être apprenti … Stella a suivi les conseils de Séverin et est partie voir d’autres druides. On ne s’est plus croisé que de temps en temps. Après je ne sais pas. Je suis parti à l’aventure. Elle est devenue l’apprentie d’un druide médecin quand j’ai rejoins la guilde des arpenteurs. Nous devions avoir un peu moins de vingt étés. Je l’ai revue bien plus tard. La guilde m’avait envoyé chez un mage des Mots et des Noms, le premier que je croisais, qui n’habitait pas loin de Sezaryom. On s’est croisé une fois, deux fois. On s’est reparlé. On s’est vu de plus en plus souvent. On s’est aimé. Elle avait un très bon niveau en médecine, si bien que son maitre n’avait plus grand-chose à lui apprendre. Ce maitre est mort le jour où le mage des Mots et des Noms faisait de moi son apprenti. J’ai retrouvé une Stella en pleurs alors que je venais lui annoncer une bonne nouvelle. Après… on a vécu ensemble pendant presque quatre ans puis elle m’a quitté. Elle a continué en tant que druide, à soigner ou à enseigner au près de Severin. Mais elle ne voulait plus me voir. Alors je me suis jeté corps et âme dans l’étude des noms. Je me suis remis à voyager, j’ai rencontré d’autres membres de la confrérie. Je l’ai oubliée. Ou du moins j’ai fait comme. Jusqu’à aujourd’hui.
Un long silence suivi mon récit. Puis la mage finit par demander :
- A quoi ressemble-t-elle ?
- Je ne l’ai pas vu depuis dix ans !
- Et moi depuis au moins trente ans. Alors décris la moi telle qu’elle était il y a dix ans.
Je l’ai décrite. J’ai parlé de sa beauté, de ses longs cheveux bruns, de son visage magnifique, de son étrange habitude de s’habiller toujours en bleu.
Après j’ai voulu connaitre l’histoire de Stella. Comment la fille de la mage de la tribu des bleuets s’était retrouvée de l’autre coté ? Mais la femme n’a pas voulu me répondre. Elle est partie, me laissant seul avec mes questions.
Alors j’ai pris mon journal, ma plume et de l’encre et je me suis mis à écrire. A raconté tout ce qu’il m’était arrivé depuis la dernière fois. J’y suis toujours.



Espoir d’atteindre le fond de ce ciel insondable…


Dernière édition par Kaourentin del Cayla le Sam 5 Déc - 15:42, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Dim 27 Sep - 19:33

36ème jour après l’équinoxe

Je me réveille douloureusement. J’ai horriblement mal à la tête. Qu’est ce qui s’est passé ?

Tout me revient progressivement en mémoire, par flash.




D’abord Vikia qui vient me chercher. Le début de la fête, autour d’un énorme feu de camp où brulaient plusieurs arbres.

Noir

J’étais assis entre Vikia et un nomade qui me propose une bouteille remplie d’un liquide bleu. Je goute prudemment. C’est bon, je bois plusieurs gorgée, le nomade éclate de rire.

Noir

Le son de trois tambours, un rythme entrainant, les femmes qui dansent. Enderonk qui rit.

Noir

La musique se modifie, devient hypnotique. La boisson bleue continue de circuler. Je mâche une herbe étrange. Mon collier qui me brûle…




J’émerge instantanément. Mon collier !




Il est là. Toujours autour de mon cou.

Je m’ébroue. Je ne suis pas dans une fête nocturne autour du feu mais dans une yourte, seul. Apparemment, le soleil est levé depuis longtemps. Je me masse la tête. Ça va un peu mieux. Bien. Maintenant arrêter de décrire chacun de mes gestes. Aller chercher les autres. C’est parti.


Dernière édition par Kaourentin del Cayla le Sam 5 Déc - 15:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Dim 27 Sep - 19:45

36ème jour après l'équinoxe, soir.

Il commence à faire nuit. Assis pas loin du feu, je décris ma journée dans mon journal. A ma plus grande surprise, j’y ai déjà écris ce matin. Étrange, je ne m’en souviens pas.
Je me suis donc levé difficilement, avec une gueule de bois horrible. Une omelette d’œufs de hibou m’aurait du bien, mais je n’en avais pas sous la main. J’ai rejoint Vikia, Curunir, Enderonk et Questior qui m’ont appris que Barthélémy était parti tôt ce matin. Nous avons repris nos affaires et nous somme partis. Un nomade avait indiqué à Vikia que les terres d’Eliandre étaient à trois jours de marche vers le couchant.  Nous traversâmes donc la prairie.
Ne croisant personne
Ne voyant rien que de l’herbe
N’entendant rien que le vent
… et des rugissements.
En fin d’après midi, alors que le soleil commençait à descendre, nous entendirent en effet des rugissements ressemblants à ceux des lions de ველური (prononcer tantale) ainsi qu’une voix humaine. Tout le monde s’arrêta.
- Les lions de ველური ne chassent jamais en meute. Rappela Vikia
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils ne sont pas sociables et qu’ils ont tendance à se dévorer entre eux, Questior. Qu’est-ce qu’on fait ?
- Si ce sont réellement des lions, alors on ne peut rien faire et on ferait mieux de fuir ! dit Enderonk.
- Sauf qu’apparemment ça n’en n’est pas. Donc on devrait aider cette personne qui criait et découvrir quel genre de bête rugit comme des lions de ველური. Dis-je.
Je dégainais donc mon épée pendant qu’Enderonk prenait son glaive et vérifiai ses haches de lancer, à sa ceinture. Laissant nos affaires à nos compagnons non combattant, nous courûmes vers l’origine des rugissements et…
Et des rires ?
Arrivés en haut de la colline qui nous séparait des fauves, nous nous arrêtâmes de concert. Devant nous, au pied de la colline, des lionnes tout ce qu’il y a de plus normal encerclaient un guerrier en côte de maille, son surcot de gueule (rouge dans le jargon héraldique) marqué d’un grand ours d’or, motif qui revenait aussi sur son écu qu’il tenait en sa main gauche. Sa cote de maille lui protégeait la totalité du corps, descendant jusqu’à ses genoux et lui couvrant la tête grâce à un camail sur lequel était posé un heaume ouvert et léger, façon chapeau en métal. Il tenait une épée dans sa main droite et était juché sur animal ressemblant à un âne, mais beaucoup plus grand, avec des plus petites oreilles et marron.
Il nous aperçu et cria :
Venez à mon secours, valeureux compagnons, vous gagnerez la gloire d’avoir combattu au coté de Isambart Gort cinquième !
Une lionne lui sauta dessus et il la décapita. Nous courûmes vers lui mais les lionnes, considérant que la proie devenait trop dangereuse, prirent la fuite. Le guerrier descendit de sa monture et se présenta :
- Comme je vous l’ai dit, je suis Isambart Gort, cinquième du nom, chevalier errant au service de l’aventure. Et vous ?
- Je suis Kaourentin del Cayla, mage des Mots et des Noms.
- Et moi Enderonk du clan Nackel, ambassadeur du peuple des nains, prospecteur des vielles galeries et neveu d’Ornthrondk, chef de la sécurité de la ville d’Archarsht !
- Et bien ! Voilà un sacré titre, le nain ! Et que faites vous dans cette plaine sans fin ?
- Nous nous rendons dans la cité d’Eliandre avec deux savants et un chat.
- Un chat dans la pleine des vingt fleurs ! On aura tout vu ! Vous êtes à pied ?
- Oui en effet.
- Alors vous en avez pour plusieurs jours ! Contre seulement deux grosses journées à cheval. Et comme à dit Hiéronymus « lenteur tente heurt »
- Je ne connais pas Hiéronymus, mais je ne peux vous citer La Fontaine, qui a démontré dans sa fable du lièvre et de la tortue que « rien ne sert de courir »
Le guerrier éclata de rire. Puis il posa sa main gantée de cuir et de maille sur mon épaule en me demandant :
- J’avais fini par croire que le monde était vide de toute personne capable de comprendre Hiéronymus et d’y répondre et tu viens de me prouver le contraire ! Me laisseras-tu rejoindre ton groupe dans son voyage ?
- Bien volontiers. « Sans les autres, personne ne serait autre chose que rien »
Alors vendu !  Mais tutoyiez moi et appelez-moi Gort. Où sont les deux savants et le chat dont tu as parlé ?
-De l’autre coté de la colline.
- Le temps de récupérer ma hache et mon cheval et je vous suis.
Il prit sa hache planté dans le sol à coté d’une patte de lionne et prit les rênes de sa monture avant de nous emboiter le pas. Voyant que j’observais bizarrement la créature, il me demanda :
- Tu as peur des chevaux ?
- à part si tu me dis qu’ils sont extrêmement dangereux, non mais je n’en ai jamais vu. Tu dis qu’il s’agit d’un chevaux ?
- Non un cheval. Un cheval des chevaux, c’est comme ça, je n’y peux rien. Tu n’en a réellement jamais vu ?
- Jamais. Cela n’existe pas chez moi.
- Mais de quel venez vous pour ne pas connaitre les chevaux et promener des chats dans les grandes plaines ?!
- D’un autre monde, c’est bien possible… Je marmonne, si bien que le chevalier me demande de répéter.
- Laisse tomber. A quoi servent les chevaux ? ça ressemble à des ânes.
- C’est beaucoup plus utile ! On s’en sert pour transporter des charges, comme les ânes, ou pour tirer des chariots mais surtout pour voyager nettement plus vite et être plus efficace au combat en montant dessus.
- Et ça va vite ?
- Au pas, un peu plus vite qu’un homme mais beaucoup plus vite que quelqu’un qui court au galop !
- Ton titre « chevalier » cela vient de cheval ?
- Oui. Le chevalier est celui qui combat à cheval, par opposition au fantassin, qui combat à pied. Généralement, les chevaliers sont riches, on une bonne armure, pas mal d’armes et sont bien entrainés alors que les fantassins sont tous les combattants qui n’ont pas les moyens d’acheter un cheval et la plupart du temps l’armure complète et les armes qui vont avec. Dans les batailles, on utilise les chevaliers…
Il continua ses explications sur l’utilisation stratégique des fantassins, des chevaliers et des chevaux jusqu’à ce nous rejoignîmes Vikia et Curunir (et Questior !). Je leur ai raconté l’histoire, aidé par les commentaires d’Enderonk puis présenté notre nouveau compagnon. Nous allions donc reprendre la route quand Gort proposa d’aller nous acheter des chevaux au camps de la tribu des coquelicots, qu’il avait croisé à l’aller et qui était vers l’Ouest. Il nous donnerait les rudiments de l’équitation. Après concertation, l’idée fut approuvée. Il partit au galop, c’est vraiment vite, et nous le suivîmes à pied. Il revint moins d’une heure plus tard, au trot, soit plus vite qu’au pas mais moins qu’au galop, et tenant en longe quatre chevaux, un petit blanc tacheté de marron, deux noirs à l’air costaud mais plus petit que le sien et le dernier, marron à la crinière noire. Il descendit de son propre cheval et nous distribua les longes.
- Enderonk, je te donne le pie. Il se nomme Ténnassi. (il lui mis dans les mains la longe du petit)
Vikia et Curunir les deux mérens. Le tien Vikia, c’est Réka et te tien Curunir Péscal. (il leurs donna les noirs)
Et le bai pour toi Kaourentin. Il s’appelle Elis. Il me tendit la longe du marron.
Ils sont tous les quatre déjà équipés et ils sont dociles. Il vous suffit de monter et de les diriger.
Pour monter, il vous faut passer à leur gauche, l’autre gauche le nain, et vous mettez votre pied gauche dans l’étrier. L’étrier, c’est le marchepied en métal qui pend sur son ventre. Vous vous appuyez sur ce pied en levant la jambe droite pour la faire passer au dessus de la croupe. La croupe, c’est les fesses du cheval. Vous y êtes ? Parfait. Pour avancer, donnez un petit de talon dans le ventre de votre cheval. Ne le faite pas de suite ! D’abord, sachez que pour ralentir ou vous arrêter, il vous faut tirer sur les rênes. Oui c’est ça les rênes. Pour tourner vous tirez sur les rênes vers la droite pour tourner à droite et vers la gauche pour tourner à gauche. On essaye ? Je monte sur mon Légrinn et c’est bon. Aller, petit coup de talon. C’est bien. Vous vous arrêtez ? Tirez sur les rênes vers vous. Tire sur les rênes Vikia ! Tire sur les rênes !
- Je peux pas !!!
Vikia était en effet accrochée à son chat et ne voulait pas le lâcher. Et son cheval avançait tranquillement. Le cheval de Gort parti au petit trop et se cala sur le pas de celui de Vikia, Gort n’eut plus qu’à attraper les rênes de Vikia qui pendaient sur le cou du cheval et tirer.
- Tu ne peux pas lâcher ton chat ! Le laisser par terre ! Comment veux-tu faire du cheval correctement si tu as les deux mains prises par cette bête !
Vikia n’eut pas besoin de répondre aux cris de Gort, la connaissant, je doute d’ailleurs qu’elle l’aurait fait, Questior s’en chargea. Par télépathie comme d’habitude, mais audible par tout le monde, et pas qu’à la personne à laquelle il s’adressait, comme habituellement.
- Et vous vous voulez qu’elle me pose où, monsieur le chevalier ? Par terre pour que je me fasse écraser par les chevaux ? Sur la selle pour que je tombe et je brise les os ? Alors réfléchissez avant de vous énerver. Et indiquez-moi un endroit sûr.
-  Qui… Qu’est ce qui … Le chat ! Il parle ! Mais comment ?
- Je m’appelle Questior, pas le chat.
- Pardon Questior… Désolé Vikia aussi. Tiens, Questior rentre dans ce sac. Tiens le, Vikia, pendant que je l’attache à ta selle. Il sortit un sac en cuir d’une des sacoches de sa selle et l’attacha à celle de Vikia.
- On se procurera des sacoches un peu mieux plus tard. Maintenant on y va. Il partit devant au pas, suivi par les autres, Vikia en dernier.
Nous chevauchâmes tranquillement pendant plusieurs heures. Je discutais pas mal avec Gort, que je trouvais de plus en plus sympathique, malgré son caractère plutôt emporté. Nous ne nous sommes arrêtés qu’à la nuit pour diner autour d’un feu. Tout le monde dort sauf moi, occupé à décrire cette journée. Ayant fini, je vais me coucher.

Échos de souvenirs d'un ciel incertain...


Dernière édition par Kaourentin del Cayla le Sam 5 Déc - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Lun 5 Oct - 12:20

37ème jour après l’équinoxe.

Ce fut une journée calme, passée à chevaucher et qui fut donc fertile en discussions de toutes sortes. Par pitié pour mes yeux qui fatiguent, je ne vais narrer que les plus utiles.
La plus utile fut celle avec Enderonk, qui en bon nain, a put me décrire précisément l’arche donc Vikia m’avait vaguement parlé. Une arche de pierre noire et dense, qui n’avait rien à faire ici, qu’il n’avait pas pu identifier. Sept gros bloc travaillés jusqu’à la perfection. Deux de chaque coté et une clef de voute. Il y avait un symbole étrange gravé sur la clef de voute. Peut être le dessin d’une constellation. La pierre n’avait aucune imperfection à l’exception d’une fissure sur les pierres de gauche. Il m’a donné toutes les informations dont j’avais besoin pour confirmer ma théorie : nous sommes passés dans un autre monde grâce à cette arche. Et étant donné l’emplacement de la fissure, elle ne fonctionnera pas pour retourner chez nous.
J’ai aussi eu la confirmation que nous étions dans un autre monde car ma boite de télépathie ne fonctionne plus. Vikia de même. C’est surement du à un changement de la mélodie du monde. Il faudra donc que je retire les cristaux pour ne pas qu’ils s’usent, mais j’aurais besoin d’une table. J’ai aussi appris grâce à Gort pas de choses sur ce monde, ses habitants, leur coutume, la géographie. Il faudra que je note tout ça, mais je n’en ai pas le courage.

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ils doivent être manipulés avec précaution"
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Mer 14 Oct - 16:11

38ème jour après l’équinoxe

Nous sommes arrivés en Eliandre, qui est une ville magnifique. La dame de ces lieux nous a accordé des chambres, grâce à Gort apparemment. J’écris donc sur une table, ce qui explique l’amélioration de mon écriture. Nous avons quitté la plaine pour une forêt dans la matinée. Nous avons mangé dans une clairière tout près d’un imposant mais magnifique arc en pierre, qui marque le début des Terres d’Eliandre. En continuant sur le chemin, après gravi, avec quelques difficultés pour les chevaux, un escalier de terre qui semble retenue par des racines nous sommes passés tout près d’une cabane où habite la sentinelle Ceregorn , et sous une cabane perchée dans un arbre qui sert d’atelier à la dame d’Eliandre, Olothiel. Nous avons continué dans la forêt un certain temps, profitant d’un ruisseau pour nous laver avant de reprendre la route pour finalement traverser un magnifique pont de cristal qui nous a amené dans la belle cité blanche. Les rues étaient propres et pavées de pierres blanches. Certains bâtiments semblaient être dans du cristal, notamment le palais au bout de l’avenue. De nombreuses échoppes bordaient cette avenue. Plusieurs personnes saluaient Gort, qui nous conduisit au palais pour nous faire rencontrer dame Olothiel. Nous descendîmes de nos chevaux devant le grand escalier qui mène au siège du conseil et aux appartements de la dame et de ses hôtes. Nos montures furent sont confiés à un garçon proposant les services d’une écurie.
- Je vais demander un entretien avec la dame, restez là, je reviens. Dit Gort

 Il grimpa l’escalier et entra en saluant le garde. Celui-ci portait une armure à plate et heaume à visière, qu’il avait fermé. Il tenait une hallebarde et avait une épée à deux mains. Gort revint rapidement, accompagné d’un autre garde.

- Dame Olothiel va nous recevoir. Elle sait que vous êtes des étrangers et des savants mais pas plus. Il faudra sans doute lui donner des détails. On ne lui cache rien.

Le garde nous fit traverser un couloir et franchir une porte massive en bois sombre qui donnait sur une grande salle circulaire, le mur du fond était fait d’arches de plein cintre qui donnait sur une cour intérieure. Dame Olothiel était assise sur un siège à haut dossier en bois en face de la porte. Je ne saurais la décrire. Elle me faisait penser à Kushumaya, non pas par le physique mais par l’aura, la prestance, le ressenti quand on la voyait. On voyait tout de suite que c’était LA dame, même si d’autres sièges, vides pour le moment, qui formaient un demi-cercle face à la porte, montraient que la cité était dirigée par un conseil. Dame Olothiel nous regarda un instant chacun, passant plus rapidement sur Gort. Puis elle dit, lentement :
- On m’a dit que vous étiez des étrangers, et surtout de grands savants, ou noble ajouta-t-elle avec un signe de tête vers Enderonk. Mais c’est assez imprécis et j’aimerais que vous éclaircissiez chacun de ces termes. Etrangers et savants.
Nous nous regardâmes, puis je pris la parole.
- Nous sommes des étrangers aux terres d’Eliandre et à tous les royaumes alentours car nous venons d’un autre monde, appelé le cinquième monde connu et sous l’autorité de l’empire. Vikia pourra vous l’expliquer plus en détail si vous le souhaitez. Et notre groupe compte en effet deux savants, Curunir et Vikia Istilla. Le premier étant un des plus puissants invocateurs des mondes connus et un chercheur reconnu, la seconde une des assoiffés les plus investit et les plus instruits. Elle a participé à des découvertes importantes qui ont apportées à nos mondes d’abondantes connaissances, a démontré ou démonté (Gort pouffa) de nombreuses théories et elle a surtout écrit l’Encyclopédie de l’Imaginaire, qui regroupe et explique le plus clairement possible tous ce que les savants de notre monde savent et décrit l’organisation de l’empire. Et elle est toujours à la recherche de connaissances.  Mon compagnon le nain est Enderonk, le neveu du chef de la sécurité de la ville naine d’Archarsht et ambassadeur de sa ville. Quand à moi, je me nomme Kaourentin del Cayla, je suis mage des Mots et des Noms, magicologue et poète.
- Intéressant. Je souhaiterais m’entretenir avec vous individuellement, mais je n’en ai pas le temps pour le moment. Je vous invite donc à aller découvrir la cité le temps que je vous fasse préparer des chambres dans le palais. Pour vous aussi seigneur Isambart Gort. Vous avez aussi libre accès à la bibliothèque, le seigneur Isambart saura vous y conduire. Si vous souhaitez vous restaurer, je ne peux que vous conseiller l’auberge de la sentinelle ou la taverne de l’ombre. Je vous demande de revenir au palais avant la tombée de la nuit, afin de ne pas déranger les gardes.
- hum, ma Dame ?
- Oui seigneur Isambart ?
- Ma hache a été très fortement abimée lors d’un combat dans la plaine, et j’aurais besoin de passer à la forge pour la faire réparer. Seulement… vous savez que le seigneur Guillaume a horreur d’être dérangé pour une réparation et qu’il ne porte guère dans son cœur. Aussi je souhaiterais une autorisation spéciale signée de votre main, sans quoi j’ai bien peur qu’il ne me laisse même pas entrer.
-  Soit, j’écrirais un mot au seigneur Guillaume. Mais il vous faudra attendre demain.
- J’attendrais. Merci.

Nous nous retirâmes et Gort fit un rapide point devant les escaliers du palais.
- Bien. J’aimerais pour ma part boire un coup à la taverne de l’ombre. Mais j’imagine que vous souhaitez aller à la bibliothèque avant tout n’est-ce pas ?
- Moi oui, et Curunir de même. dit Vikia
- Aussi. Dis-je.
- Tu ne préfère pas que je te fasse visiter la ville ? “D’abord voir, après savoir” non ? Il n’est pas très tard et…
- Demain promis. Mais je souhaite en savoir plus sur ce monde, son histoire et ses légendes et je ne connais de meilleurs endroits qu’une bibliothèque pour ça.
-Très bien alors… Allons-y.
Nous partîmes donc, remontant quelques rues en discutant de la ville et surtout de l’impression que nous avait laissée Dame Olothiel. Une fois sur la place de la bibliothèque, nous nous séparâmes en décidant de se retrouver ici quand les cloches sonneraient huit fois.  Enderonk parti parcourir la ville à la recherche de nains.
C’est immense. Ce fut la première pensée qui me traversa l’esprit quand je rentrais. C’était une seule pièce, carré, avec un plafond fait de douze arches allant de l’est vers l’ouest et de douze du sud au nord. Un lustre était suspendu à chaque croisement. Tous les murs étaient recouverts de livres, Avec des balcons à hauteur régulière, Trois niveau de balcons, et des échelles de différentes tailles.  La vaste salle n’étais coupée que par trois étagères qui se croisaient en son milieu, qui devaient faire deux mètres de hauteur et qui étaient percées de petits arcs elliptiques. Des petits bureaux avec des chaises étaient disposés un peu partout au rez-de-chaussée mais des fauteuils occupaient les balcons. Alors qu’elle aurait du être assez sombre, la bibliothèque était très éclairée.  Une fontaine très simple, mais qui était assez étonnante par sa présence en ce lieu, provoquait un agréable bruit d’eau. Quelques personnes, je ne saurais dire combien, étaient présentes, certaines lisaient ou cherchaient un livre dans les étagères, d’autres écrivaient, un opuscule dans les mains debout devant les étagères, ou sur du parchemin ou un livre assis devant un bureau. Vikia étouffa un cri de joie et s’efforça de ne pas courir en allant vers l’étagère la plus proche. Curunir s’avança lui aussi pour prendre un livre. Je restai un petit peu à l’entrée, observant la salle, avant de m’avancer vers une étagère et de prendre un livre au hasard.
« Mythes et légende de la plaine vingt fleurs » je lu l’introduction avant d’installer sur la première chaise venue, pour le lire tranquillement. Après l’avoir dévoré, je me levais et me mit à chercher des livres sur l’histoire de ce monde, lisant les titres des livres. Un retient en particulier mon attention : « Etude des effets de l’anti magie sur la commune de Zedor.  L’anti magie à l’échelle d’une commune ? Cela intéresserait fort ma guilde. Dans l’empire, l’anti magie se limitait à quelques individus qui devaient vivre en marginaux pour échapper à toute forme de magie. Je lu donc les premières pages.
« Après que les bourgeois eurent expulsé de la ville le seigneur Gort de Zedor et sa famille, ils instaurèrent un régime d’anti magie absolu. Ceci a créé d’étranges phénomènes sur la nature alentour… » Le seigneur Gort de Zedor ?  Me demandant avec un sourire si il s’agissait ou non d’une coïncidence, je reposais le livre et continua d’avancer. J’atteignis rapidement la section histoire et trouva un livre intitulé « l’histoire de Zedor ». Je continuai ainsi à lire tout les livres qui me passèrent sous la main, dont certains sur la ville d’Eliandre ou sur sa bibliothèque, ce qui m’a permis les détails lors de la description de cette dernière, et ce jusqu’à que les cloches sonnent huit fois. Je paris alors à la recherche de Vikia et de Curunir. La première était installée sur une table, trois livres ouvert devant elle et entrain d’écrire sur un quatrième, vierge à l’exception des mots qu’elle venait d’écrire, soit « Encyclopédie de l’Imaginaire, annexe Eliandrenne ».
- Tu compte résumer l’ensemble des livres de cette bibliothèque ?
Elle se retourna vivement.
- Kaourentin ! Tu m’as fait peur.
- tu es sans doute au courant, dis-je en me penchant sur son livre, que le nom d’Eliandre ne désigne qu’un royaume, celui-ci, et que ton titre est donc faux si tu veux parler de la totalité de ce monde
- Oui, mais dans l’empire le royaume d’Eliandre est vu comme une citée mythique, qui est dans un monde connu. Ce titre est donc plus compréhensible. Mais c’est vrai qu’il est faux et je l’ai noté dans mon introduction.
- Très bien. Je venais te signaler qu’il est temps de rejoindre Gort. Tu sais ou est Curunir ?
- Près de la fontaine.
- Évidemment, j’aurais du m’en douter. Je vais le chercher.
- On se retrouve à l’entrée.
Je parti vers la fontaine, ou je trouvais l’invocateur plongé dans un livre sur les créatures de ce monde. Des ombres aux formes de ces animaux tournaient autour de sa tête. Je lui tapotai doucement l’épaule pour le sortir de sa transe.
- Il faut sortir. On doit retourner au palais avant la nuit.
Il me suivit tout en me parlant des animaux endémiques. Conversation à laquelle se mêla Vikia, puis Gort, celui pus ajouter ses commentaires puisque que les côtoyant depuis la naissance. La discussion s’orientât ensuite sur les propriétés magique de ce monde. Apparemment la magie de ce monde fonctionnait manière similaire au notre, en tout cas les runes incertaines ne changeaient pas de formes et ne prenaient pas d’esprits particuliers.  En revanche la mélodie du monde était fortement modifiée, les nombreux instruments de Vikia qui fonctionnait grâce à cette mélodie étaient détraqués. Nous nous demandâmes si les sorts de dématérialisation réalisés dans notre monde étaient toujours actionnés. J’étais le seul à en utiliser un, car c’est un sort compliqué et nécessitant beaucoup d’énergie. Je dus donc l’utiliser. Au moment où nous arrivions devant l’escalier du palais, je tendis le bras droit sur le coté en ouvrant la main. Mon bâton, une branche de noisetier à l’extrémité la plus large vrillée naturellement et marqué de runes, apparu aussitôt dans mes mains, aussi matériel que d’habitude.  Le sort marchait toujours et je pu facilement le refaire disparaitre.
Nous rentrâmes dans le palais.
Un garde nous conduisit à nos chambres tout justes préparées. Après m’être débarrassé de mon sac, de ma sacoche et de mes ceintures chargées de poches en tout genre. Je récupérai ma boite de télépathie, la posai sur la table et entreprit de la démonter. Je réussi à ôter le couvercle et je voyais maintenant un gros cristal beige en forme d’étoile à sept branches entourés de plus petits cristaux en formes d’heptagone de différentes couleurs, un à chaque branche du grand cristal et relié par un fil d’argent. Avec une petite pince, je retirai précautionneusement le cristal le plus à gauche, bleu foncé. Gort frappa à la porte et entra au moment où je le déposai dans une boite molletonnée.
- Que fais-tu ?
- Je démonte ma boite de télépathie. Elle ne fonctionne pas ici, la mélodie du monde est trop différente de chez moi, et je retire donc les cristaux pour éviter qu’ils se déchargent.
- De télépathie ? Tu veux dire de transmission de pensée ? Je croyais que ça n’existait pas.
- Et bien ça existe. C’est appelé le neuvième don par les magicologues de l’empire. Peu d’humains ont la capacité de parler en pensée, et ceux qui le peuvent n’en sont capables que sur de très courtes distances. Cette boite, en revanche, permet de parler à quelqu’un même si est à des centaines de lieues. A condition d’avoir le cristal de cette personne dans la boite. Mais si n’importe qui peut répondre, seul un magicien est capable d’établir le contact. Selon les capacités des personnes, on peu aussi utiliser la boite pour localiser une personne dont on a le cristal. C’est ce qui a permis à Vikia de me retrouver alors qu’elle n’est pas magicienne.
- Je vois… Et ces cristaux se déchargent ?
- Oui, comme toutes les pierres magiques. Seulement ceux-ci nécessitent un rituel très spécial et des pouvoirs rares pour se recharger. Si bien que ça coute cher.
- Et bien tu m’auras appris quelque chose… Je venais te prévenir que la dame nous invitait à diner.
- Je finis de retirer les cristaux et je te suis.
Je dinai donc au palais, assis entre Gort et Vikia et découvrant de nombreux plats. Après ce repas, je pus raconter ma longue journée dans mon journal. J’ai grande hâte de découvrir la ville demain. Bonne nuit.

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Lun 26 Oct - 16:11

39ème jour après l’équinoxe


J’eus énormément de mal à me réveiller. Dormir dans un lit, quel confort ! Cependant un rayon de soleil filtrant par le volet insistait pour que je sorte du sommeil, ce que je finis par faire. Après hésitation, je décidai de laisser ici mon sac à dos, ainsi que mon manteau, l’air de ce monde étant bien plus chaud que chez moi. Ma sacoche reprit toutefois sa place sur mon épaule et mes poches revinrent à ma ceinture pour la plupart.
Je me mis en quête de Gort et d’un déjeuner plus consistant que des biscuits secs et de tisane au café.
Je trouvai ce dernier en premier, dans la cuisine du palais où l’on me servit d’épaisses tranches de pain, toutes sortes de confitures et du vrai café avec du lait, deux choses qui se conservent très mal dans un sac à dos malheureusement. Après m’être rassasié, je reparti à la recherche de Gort, que je finis par trouver au hasard dans un couloir.
- Ha Kaourentin je te cherchais !
- Ça tombe bien moi aussi.
Questior se faufila alors entre les jambes de Gort avant de s’arrêter devant celui-ci et poser la plus grande des questions :
- Pourquoi ?  
- heu… fut la seule réponse que Gort put bafouiller devant les yeux grands ouverts du chat, qui parti.
-heu… oui ! La dame souhaite s’entretenir avec nous. Après si tu veux, nous pourrons passer à l’armurerie puis faire le tour de la ville.
- Très bien, alors allons voir la dame. J’imagine qu’elle est dans la grande salle du conseil ?
- Non, dans la salle des entrevues. Une petite salle dans la tour au dessus de la grande salle. Suis-moi.
Nous traversâmes alors moult couloirs qui nous firent passer devant la grande salle puis après les portes de celle-ci nous empruntâmes un long escalier à vis qui finissait dans la salle des entrevues. Comme la salle du conseil, elle était circulaire et le mur du fond était fait d’arches, donnant cette fois sur le ciel. La salle était meublée avec trois fauteuils et une table basse. La dame d’Eliandre observait l’horizon. Elle se retourna quand nous entrèrent.
- Bienvenue Kaourentin et Isambart. Je vous ai fait venir pour discuter avec vous de la suite de votre périple. Après l’entretien que j’ai eu avec vos compagnons, plus facile à trouver que vous Kaourentin, il me semble que le groupe soit amené à se disperser. Vikia et Curunir souhaitent rester pour mieux connaitre la ville et surtout la bibliothèque. Enderonk quand à lui, désire rejoindre les nains de ce pays et essayer de trouver une porte qui lui permettrait de retourner dans le cinquième monde. Et vous ?
- J’aimerais en parler avec mes compagnons, mais je pense partir explorer ce monde à pied ou à cheval afin de rencontrer d’autres personnes et découvrir d’autres lieux.
- Si tel est votre choix… Je vous conseille de commencer par le royaume des chimères, le pays voisin, puis vous diriger vers…
Gort la coupa.
- Excusez moi ma dame, mais je comptais emmener Kaourentin vers ce qui fut la contrée de mes ancêtres.
- Je vois… Savez vous cependant que Zedor vous considère comme un de ses pires ennemis et que votre tête est mise à prix ? Il serait donc… imprudent pour vous de s’y rendre.
- Je le sais et je ne compte donc pas m’annoncer avec clairon et trompettes aux portes de la ville. Mais les terres alentours ont rompu avec Zedor après que Gort de Zedor ait été chassé, et ne verraient pas d’inconvénients à ma venue. Les poches de résistances qui se sont formées contre l’anti magie seraient sans doute même ravies de me voir. Et la traversée du désert du Itarg est une aventure intéressante.
- Vous comptez traverser le désert ?
- hé bien oui.
- Et vous Kaourentin, vous êtes prêt à le suivre ?
- Oui. Je lui fais confiance. Et la traversée d’un désert ne m’effraye pas, à moins qu’il soit peuplé des mêmes dragons que le désert d’Eleïla, ce qui n’est pas le cas.
- Alors soit. Et Après ?
- Nous improviserons en fonction de nos envies. Répondîmes en même temps Gort et moi.
- Très bien. Je connais suffisamment le seigneur Isambart pour savoir qu’il est impossible de lui faire changer d’avis. Quand comptez-vous partir ?
- Dans quelques jours, le temps de visiter la ville et ses alentours.
Elle poussa un soupir puis mit fin à l’entrevue.
- Merci. Vous pouvez vous retirer.
- Ma dame, et le mot pour ma hache ?
- Ha oui. Tenez.
- Merci dame Olothiel.
Nous sortîmes du palais et prîmes la route de l’armurerie, tout en discutant du voyage que nous prévoyons. Je demandais à Gort pour quoi il tenait tant à faire réparer sa hache par un forgeron qui ne l’aimait guère.
- Parce que Guillaume et le meilleur forgeron de ce monde ! Lui seul arrive à faire de tels miracles avec l’acier des armes. D’ailleurs, il te faudrait à toi aussi une arme et une armure.
- J’ai déjà une bonne épée, même si elle ne vaut sans doute pas des armes de légende. Et je ne vois guère portant une douzaine de kilos de maille, je ne suis ni assez fort, ni assez agile pour pouvoir me mouvoir correctement avec autant de poids sur les épaules.
- Certes… dit-il en m’observant de pied en cap. Peut être qu’une légère armure de cuir te suffirait. Et puis tu es magicien pas guerrier. Il nous faudra aussi des sacoches pour les chevaux, de façon à ce que tu n’ai pas à trimbaler tout ton bazar. Nous y voila.  
Nous entrâmes dans un bâtiment de pierres massives, à l’atmosphère sombre et surchauffé. Les seules lumières venaient de rares torches et des brasiers de la forge. Les tintements des masses sur le métal retentissaient partout. Gort décrocha la hache qui pendait dans son dos et se mit à la recherche du maître forgeron, qui triait des éclats de métal sous une des rares torches. J’attendis Gort à l’entrée pendant qu’il parlait à Guillaume qui lit rapidement le mot de dame Olothiel avant d’examiner la hache. Puis il posa son travail et sortit de la zone de lumière. Gort revient vers moi.
- Bien, une bonne chose de faite. Passons à l’armurerie, histoire de te trouver une armure.
Il nous fit passer par une porte en bois face à la prote d’entrée puis emprunter un petit escalier. Nous arrivâmes dans une salle bien mieux éclairée que la forge, tous les murs étant recouverts de râteliers remplis d’armes ou de mannequins portant des armures. Un léger couinement aigu, à la fois dérangeant et agréable sonnait à mes oreilles, sans que je parvienne à l’identifier. J’en fis part à Gort qui dit ne pas l’entendre. Nous nous approchâmes d’une rangée d’armures en cuir de tailles différentes. Composées d’un plastron, de gantelets, de protèges bras en deux pièces et de protèges jambes de même. Je dus en essayait trois avant que Gort considère que l’on avait trouvé la bonne. Le laissant négocier avec l’armurier, je partis à la recherche de l’origine du bruit. Que je finis par découvrir au fond de la pièce. Une armure faite de petites pièces de métal en forme d’écailles et de bouts de fourrures était exposé avec une hache à deux mains, des bottes très chaudes et une épée couleur de sable.  Le bruit provenait d’ici. Gort et l’armurier arrivèrent et ce dernier prit la parole.
- Cette armure vient d’un guerrier des royaumes du nord, que l’on a trouvé mort, sûrement de faim, dérivant sur un petit canot en bois.
- Puis-je examiner l’épée ?
- Bien sûr, allez-y.
Je pris donc l’arme couleur sable, devinant dès qu’elle fut dans mes mains que c’était elle qui provoquait le bruit. Je n’eus pas besoins de l’observer en détail pour la reconnaitre : Nasphé.
- Connaissez-vous cette arme, messires ?
- Non. Elle n’est pas habituelle à l’équipement d’un guerrier de la toundra glacée mais il a très bien put la prendre à un adversaire.
- Précisément. Cette lame se nomme Nasphé. Nasphé la griffe du dragon, celle qui illumine le cœur des braves et brûle celui des lâches, la lame des sables, la tueuse des colons, l’épée des gardiens, la protectrice des déserts… Ses noms sont nombreux et les légendes autour tout autant. Nasphé vient du désert d’Eleïla où vivent les dragons des sables. Le plus grand d’entre eux, TSF, avait une griffe difforme : elle était droite. Un jour cette griffe est tombée. Les hommes du désert l’ont récupérée et l’ont confiée au plus grand des tailleurs de sabre du désert, qui l’a taillé, raboté, poncé pendant des ans. Jamais la fabrication d’une la lame n’avait pris autant de temps. Il en tira une épée droite, à double tranchant, très différent des sabres courbes de ce lieu. Aucun guerrier ne parvint à la manipuler correctement alors le tailleur en forma un. Un jeune escrimeur avec peu d’expérience et aucune technique particulière. Il le format pendant sept ans, lui apprenant le maniement particulier de Nasphé, les anciens codes d’honneurs des guerriers la justice et la sagesse. Au bout de sept ans, jour pour jour, l’élève était devenu un maître. Il voyagea beaucoup, parcouru le désert et traversait de nombreux villages des hommes du désert où il organisait des duels. Il gagnait toujours, quelque soit son adversaire. Il marcha même jusqu'à la ville de la côte, où il défia d’autres guerriers, gagna, perdit quelques fois et, tirant toujours des leçons de ses combats, améliora encore sa technique. Il regagna finalement son désert où il devient maître d’arme. Après des années de combat, il tomba malade. D’une maladie que les hommes du désert ne pouvaient soigner. Il fût transporter jusqu’à la ville selon ses souhaits. Il confia son épée à un de ses médecins avant de mourir. Le médecin donna la lame à son frère, garde cote. Celui-ci fut tué par un pirate qui récupéra l’arme. Nasphé passa ainsi entre de nombreuses mains dont plusieurs mages d’armes qui encrèrent la magie en elle. L’épée regagna sa terre natale après deux siècles d’errance et elle servit d’arme au chef des opposants à la colonisation des terres d’Eleïla. La guerre fut perdue et l’épée oubliée. Elle ne fût retrouvée que bien plus tard par un soldat de la résistance aux colons qui la donna à son chef. Ce chef s’en servit énormément, et redécouvrit son histoire dans les moindres détails. Il s’en servit pour décapiter le compte des colonies d’Eleïla, rendant aux hommes du désert leurs rares terres fertiles.
A la mort du chef résistant, Nasphé fut confié à un sorcier des sables qui s’en servit pour exercer sa magie, rendant l’arme plus puissante encore. Elle resta dans les mains de ses élèves pendant plusieurs générations avant d’être volée et de retourner en la possession de marins. Elle passa entre les mains de nombreux guerriers et magiciens, dont les miennes. On me l’a volé et j’ai perdu sa trace. Elle a apparemment continué son chemin jusqu’à son arrivée en Eliandre.
- Hé bien voila une histoire comme on en entend pas souvent dit l’armurier. Vous désirez l’acheter ?
J’échangeais un rapide regard avec Gort avant d’affirmer. C’était une lame de légende, possédant de nombreux pouvoirs, dont celui d’être totalement inaltérable. Elle pouvait m’être très utile, surtout pendant la traversée d’un désert.  Nous sortîmes ensuite de l’armurerie, je portais donc un sac occupé par mon armure et Nasphé avait remplacée mon épée anonyme, que Gort portait temporairement dans son dos. Mon compagnon acheta des fontes et une selle plus confortable pour mon cheval. Nous déposâmes nos achats dans ma chambre puis Gort me conduisit à la taverne de l’ombre.
Son nom était trompeur, cette taverne était très bien éclairée. Située au milieu de la rue des échoppes, la taverne était un bâtiment en pierre claire et en bois, constituée d’une grande salle où était disposés des tables et des chaises, avec des poutres apparentes sur lesquelles étaient accrochés des lustres à face à l’entrée il y avait un bar en bois massif derrière lequel devait se situer la cave.
Au centre de la salle, un carré vide était délimité par des cordes tendues entre quatre poteaux.
- C’est pour la lutte, de temps en temps on organise des duels ici me souffla Gort.
Un groupe de ménestrels chantait les exploits d'un héro, un guerrier qui avait combattu avec toute sa tribu pour défendre ses terres et qui était seul survivant à la fin de la bataille dont il sortait victorieux.
Nous nous installâmes à une table.
- Que bois-tu ? me demanda Gort. Du vin ? de la cervoise ? de l’hydromel ? du cidre ? de la bière ? une liqueur ? Cette taverne propose toutes les boissons existantes, excepté la bière d’ortie.
- Vraiment toutes ? Je serais bien tenté de la mettre au défi, mais je n m’y connais pas assez. Je me contenterais d’un peu de cidre.
- Très bien. Hep ! Je voudrais une bouteille de cidre et deux verres.
Il déposa quelques pièces tirées de l’aumônière à sa ceinture dans la main de la serveuse qu’il venait de héler. Puis il s’installa confortablement sur sa chaise, me dévisagea un instant et dit :
- Maintenant, je voudrais que tu me raconte, s’il te plait. Que tu me raconte ton histoire. Ta vie. Depuis le début. Même avant le début si ça t’amuse. Kaourentin del Cayla. C’est le nom d’un noble, pas d’un mage itinérant.
- Tu as raison. Je viens du Ségalar, une région qui produit du seigle au pied des monts d’Irishk.
Mes ancêtres possédaient et régnaient sur une vaste partie du Ségalar et firent construire le premier château de la région d’où sont tout simple : lé Cayla, qui veut dire le château. Cependant, à force de soulèvements des paysans, et de prise de pouvoir de l’église qui à cette époque était contre la noblesse et voulait que le clergé seul dirige les territoires, le domaine fut fortement réduit. Mes grands parents ne possédaient plus que leur château. Mais quelques années après ma naissance, les violences contre la noblesse empirèrent, et devinrent quand j’avais six ans violence contre tous les propriétaires. Mes parents préférèrent partir le plus loin possible. Nous voyageâmes donc pendant près d’un an, avant de s’établir à Sézaryom l’hiver avant mes sept ans. Je suis né en mars. Nous dûmes nous habituer à de nouvelles coutumes. Par exemple un druide enseignait gratuitement à tous les enfants du village, ce qui était totalement inexistant dans le Ségalar. C’est comme ça que j’ai fait la connaissance de pas mal de personnes, notamment Stella, une fille que j’appréciai beaucoup, et Nicolas, mon premier véritable ami. Seulement à douze ans un magicologue m’a pris comme apprenti alors que les autres continuaient à étudier avec le druide pendant un an.  J’ai beaucoup appris de ce magicologue, et même si il n’était pas magicien, c’est lui qui m’a servi de modèle et m’a incité à apprendre à manipuler les arcanes. Il me confiait souvent des missions à l’extérieur, parfois très loin auquel cas je devais dormir à la belle étoile, ce qui m’a donné le gout du voyage, de l’exploration et de la solitude. Car je suis plutôt solitaire. Moins que les arpenteurs purs et durs mais j’ai l’habitude de voyager seul, de n’être accompagné que temporairement par des compagnons de passages, au hasard des rencontres. Bref, au bout de 20 saisons, le magicologue m’a libéré. J’ai toujours beaucoup voyagé, j’ai rejoint la guilde des arpenteurs, j’ai rencontré bien des gens, Kushumaya la sage, Draugia la guerrière, Camétya la pieuse, deux sœurs assez spéciales Deshiwa et Sumellia, Curunir, Vikia, Ornthronk, Gollor et bien d’autres. C’est aussi à cette époque que j’ai appris les rudiments de la magie, toujours au hasard des rencontres. J’ai rencontré des mages runiques, mais aussi des mages d’armes, des sorciers, des guérisseurs, des shamans, des ensorceleurs, des enchanteurs, et après quelques années, ma route a croisé pour la première fois un mage des mots et des noms, Stéphane. Il habitait près de Sezaryom, et voulais collaborer avec les arpenteurs. Comme je connaissais bien la région, c’est moi qui fus envoyé organiser les discussions. C’est là que j’ai revu Stella, devenue apprentie d’un druide médecin. Au début, la mage ne m’enseignait que les bases. Vu le début de ma formation, j’étais destiné à devenir magicien itinérant, pas membre respecté d’une guilde importante ! Mais plus il m’en apprenait, plus je voulais en apprendre. La magie des noms me passionnait, j’envisageai de quitter la guilde pour être plus libre et la seule chose qui me détournait de mes études était Stella. Je l’aimais de tout mon cœur et elle m’aimait aussi. Même si elle était tellement douée que son maitre n’avait plus grand-chose à lui apprendre, elle tenait beaucoup à lui, et ce fut un choc pour elle quand il passa l’arme à gauche. C’était le jour où Stéphane faisait de moi son apprenti. Ca a transformé une bonne journée en un jour de deuil. Cependant j’ai vécu les quatre ans les plus heureux de ma vie : je vivais avec Stella et j’étudiais la magie des Noms, celle qui explique le monde et toutes les magies. Ça a duré quatre ans… Et elle m’a quitté. J’ai survécu, comme tu le vois mais j’étais désespéré et profondément meurtri. Alors j’ai étudié encore la plus la magie des noms. Mon apprentissage étant fini, je me suis remis à voyager pour rencontrer d’autres membres de la confrérie et revoir mes anciens amis. Pour eux, j’étais enfin sorti d’un ermitage sédentaire qui ne me convenait pas. Je me suis remis petit à petit à petit, bien aidé par Kushumaya et Camétya. Je voyageais donc, passant par la bibliothèque de Gollor pendant l’hiver et parcourant le monde à la recherche de l’inspiration pour mes poèmes le reste du temps. Jusqu’à ce jour où Vikia m’a conduit à une mine étrange fermée par une énigme qu’elle ne pouvait traduire. Et cette mine nous a conduit jusqu’à la plaine des vingt fleurs, où je t’ai rencontré en sortant du camp de la tribu des bleuets. La suite, tu la connais.
Il y eu un silence après mon récit, que je n’osai pas briser. Gort semblait essayer d’assimiler ce que je venais de lui dire. Je pris quelques gorgées de cidre et Gort commença à m’interroger juste après que j’ai posé mon verre.
- Mais quel âge as-tu ?
Étonné par cette question que je n’attendais pas, il me fallu un petit moment pour répondre.
- Bientôt quarante ans.
- Si tu fais partie d’une famille de seigneur, tu dois avoir un blason ?
- Oui. Un arbre d’or. Représenté généralement sur un fond blanc. Celui-ci. Je lui fis passer un parchemin sur lequel était dessiné mon blason. Il l’observa un moment.
- Je peux le garder ?
- Oui. Je n’en ferais rien. Il le prit et passa à une autre question.
- Tu as dit que tu étais un « membre respecté d’une guilde importante ». Quelle guilde ? Quel genre de respect ? Du à quoi ?
- La confrérie des Mages des Mots et des Noms. Une guilde qui regroupe les mages des noms et les magicologues. Elle essaye d’expliquer le comportement des choses et de la magie et de définir exactement la langue monde et ses runes. Une tache compliquée. N’étant pas un magicologue officiel qui passe son temps plongé dans la dimension magique mais ayant quand même de bonne connaissances dans l’étude de la magie, il arrive que l’on me demande de me pencher sur les travaux d’un autre pour offrir un point de vue différent. J’ai ainsi aidé aux précisons de la théorie de l’harmonie du monde, j’ai assisté Hugues Froular dans ses explications du fonctionnement général des runes, j’ai donné la clef qui a permis de découvrir Yr en suggérant d’imaginer trois runes différentes pour définir la protection, au final il n’y en avait que deux mais sans moi on en verrait qu’une. J’ai aussi aidé Vikia à écrire son Encyclopédie de l’imaginaire en tant que magicologue. Donc j’étais considéré comme un excellent mage et respecté.
Gort ne répondit pas. Comme il ne semblait rien trouver à dire, je lui demandais :
- Et toi ? Quelle est ton histoire ?
- Elle est nettement mois passionnante que la tienne.
Comme mon père, mon grand père, le père de mon grand père, le grand père de mon grand père et son père avant lui, je suis chevalier errant, c'est-à-dire que je parcours le monde à la recherche d’aventures et de batailles et dilapidant la fortune familiale, et je suis moins dépensier que mes ancêtres. J’ai fait quelques grandes batailles certes, j’ai participé à la guerre contre les barbares de l’Ouest quand ils ont envahi les terres D’Anfard, à la bataille de Brog qui a permis de fixer les frontières d’Eliandre, et j’ai lutté avec les défenseurs Lycaza contre Zedor quand cette dernière a voulu étendre son territoire.  
Je suis né et j’ai grandi dans un royaume voisin, Houléou, après que mon père ai décidé de se reposer de ses aventures et de se marier enfin. Il connaissait ma mère depuis longtemps mais ne la voyait que de temps en temps. J’ai été élevé au milieu des armes et des duels. Même si il ne voyageait plus, mon père à continuer à se battre et organisait des duels sur la place du village pour ne pas perdre la forme. J’ai été initié au maniement des armes très tôt et envoyé chez un seigneur des environs dès sept ans pour qu’il fasse de moi un vrai chevalier. Quand j’ai eu 19 ans, on m' a adoubé, et offert mon premier cheval, mon armure, l’épée que porte encore aujourd’hui et une lance. Je suis parti à l’aventure, refusant de me faire vassal et vivant plutôt comme un mercenaire. J’ai donc participé à quelques batailles sans importances. Lors de la défense d’un village attaqué par des barbares, ma lance s’est brisée et j’ai du récupérer la hache d’un de mes adversaires. J’ai tout de suite apprécié cette arme. Arrivant en Eliandre après quelques années d’errance, j’ai rencontré Guillaume à qui j’ai commandée la meilleure hache possible, payée rubis sur l’ongle et d’avance. Il me la forgea et quand je vins la prendre, je voulu l’essayer sur le champ. Mais j’étais un peu maladroit à l’époque et l’armure à plate que je portais alors m’empêchait de me mouvoir correctement. J’ai détruit pratiquement toute la forge et j’ai été chassé à coups de pied. C’est pour ça que Guillaume me déteste. Après, j’ai continué à errer et essayer de m’améliorer encore au combat. J’ai rencontré les derniers membres du peuple des nains, qui m’ont offert mon haubert. Je suis monté jusqu’à Lycaza, sans traverser le désert, où j’ai beaucoup appris auprès du maitre Eizoni des guerriers.
Après avoir suivi son enseignement, j’ai continué mon errance et participé à des grandes batailles et j’ai rendu quelques services au royaume d’Eliandre. Je me suis posé pas mal de temps dans un village à la frontière entre Eliandre et Houléou. Mais je me suis remis à voyager et je suis allé chercher l’enseignement guerrier de la tribu des muriers. Au retour, j’ai été pris en chasse par un groupe de lionnes qui m’a forcé à combattre jusqu’à ce qu’un magicien et un nain viennent à mon secours et me rappelle la joie d’être accompagné.
Aucun de nous deux ne voulu briser le silence. Nous finîmes tranquillement nos verres mais restâmes assis face à face un moment. Nous nous levâmes néanmoins et sortîmes. Gort me proposa un duel, nous partîmes donc vers la place d’arme en parlant des règles du duel courtois dans nos mondes respectif. Elles étaient similaires, ce qui n’a rien d’étonnant, toutes les populations humaines ayant accès à la magie évoluent dans le même sens. Ce qui explique aussi pourquoi nous parlons pratiquement la même langue.
La place d’arme se situait derrière le palais. C’était une grande place plate recouverte de sable. A une extrémité, des cibles étaient disposées et quelques archers s’entrainaient. Contre le mur du palais s’alignaient des râteliers remplis d’armes, principalement des épées. Nous laissâmes nos affaires dans un coin et prîmes deux épées émoussées. C’était des bonnes armes, faites pour être manié à une main comme à deux. La place était pratiquement vide, nous eûmes donc toute la place que nous voulions. Face à face, nous nous saluèrent épées vers le ciel, puis face à soi, puis enfin pointe vers le sol, nous engageant par ce signe à respecter les règles du duel courtois. Puis nous nous mîmes en garde. Gort attaqua. Un coup de taille, vertical et direct. Je parais et voulu contre-attaquer mais Gort ne m’en laissa pas le temps. Il fit pleuvoir sur moi tant de coups que j’en fus réduit à la défense, reculant de plusieurs pas. Les quelques bottes que je pus placées furent bloquées par le chevalier. Un coup oblique que j’eus énormément de mal à parer déchira la manche de ma chemise. Après encore quelques coups, je compris que je n’avais aucune face à Gort en escrime classique. Je décidais donc de changer totalement de technique, utilisant l’art de combat des mages d’armes. Je fermais les yeux un instant pour laisser remonter les souvenirs. Ce qui failli entrainer ma fin, Gort m’ayant un grand coup direct très simple à parer mais mortel si il n’était pas bloqué. Ce qui manqua de peu d’être le cas. Il me redonna un coup vertical. Je fis mine de venir le bloquer mais fit un pas de coté en faisant pivoter mon épée au dernier moment. Le coup trancha l’air à ma gauche à ma gauche. Ne tenant mon épée que d’une main, je saisi les poignets du chevalier de l’autre et l’entraina en avant, accentuant son déséquilibre et le faisant chuter. Je n’eus plus qu’à pointer mon épée vers sa gorge en prononçant : « Tu es mort. »
Gort éclata d’un grand rire en se relevant.
- Bravo ! Je n’avais été battu comme ça. Où as-tu appris cette technique ?
- Durant mes années passées avec les arpenteurs, j’ai rencontré quelques mages d’arme qui m’ont enseigné les rudiments de leur art de combat. C’est une technique de base.
- Pourrais-tu me l’apprendre ?
- Non. Désolé, mais je n’ai pas le droit. J’ai fait le serment de garder le détail de ces techniques secret. Le genre de serment que l’on ne peut pas briser.
Tout en disant cela, je levais ma main droite, montrant une très fine chaîne en argent autour de mon poignet.
- C’est la partie visible d’un sort qui me ferait subir des supplices bien pire que la mort si je ne tenais pas ma promesse.  
- Pas grave. Par contre, je vois que je t’ai déchiré ta chemise. Tu en as d’autre ?
- Malheureusement je n’en ai pas emporté d’autres non. Mais j’ai ce qu’il faut pour la recoudre dans mon sac.
- Un chevalier ne peut pas se promener avec une chemise rapiécée ! Viens, il y a un tailleur pas loin.
Gort m’acheta donc trois tuniques noires et autant de pantalons de toile claire, prétextant que mon jean ne tiendrait pas longtemps. Il m’offrit aussi un surcot blanc marqué, ô stupeur, de mon blason.
Le peu de temps qu’il avait fallu pour le créer suscita mon admiration et surtout ma curiosité. J’appris plus tard que les tailleurs étaient plus ou moins des magiciens spécialisés. Nous passâmes ensuite à l’armurerie, mais Guillaume n’avait pas fini.
- L’heure du repas est passé dit Gort en comptant les coups de cloches. On ne pourra pas manger au palais, il va falloir aller à l’auberge. Ca ne te dérange pas ?
- Pas le moins du monde, mais j’ai faim.
- Allons voir Volodia, il tient la meilleure auberge du royaume, ce qui n’est pas peu dire.
Nous nous dirigeâmes donc vers l’auberge de la sentinelle, au bout de l’avenue des échoppes, tout près des portes de la ville. Nous prîmes une table près du comptoir et Gort cria :
- Ho aubergiste ! Deux hommes affamés sont dans ton établissement. Fait griller des patates et du lard.
- Ce n’est plus l’heure de manger, estomac en armure ! La voix venait de la salle de derrière.
- Tu refuses de servir un seigneur qui honore ta cuisine ? Et bien tant pis, je n’ai plus qu’à mourir de faim en criant dans toutes les rues que Volodia refuse de nourrir ces clients.
- Inutile d’user ta salive dit un homme qui sortait de derrière le comptoir en portant deux bols fumants. Les voilà tes patates.
Il déposa devant nous les bols, remplis de pièces jaunes recouvertes de fromage fondu.
- Qu’est-ce ? demandais-je.
- Des patates. Des pommes de terre. Me répondit gort. Il n’y a pas ça dans les mondes connus ? C’est un légume à la base de l’alimentation ici. Il y a énormément de recettes avec des pommes de terre, tu peux en manger tous les jours d’une année sans manger deux fois la même chose.
Il entama une discussion avec l’aubergiste tandis que je mangeais. C’était délicieux et mon bol fut rapidement vidé. Une fois son repas terminé, le chevalier étendit ses jambes et fit le programme de l’après midi :
- Il fait très chaud à cette heure ci et je ne suis pas contre une bonne sieste. Fais ce que tu veux mais retrouve moi à cinq heures devant l’armurerie. Je récupérerais ma hache puis je t’expliquerais précisément notre voyage.
- Pas de soucis. Je vais aller à la bibliothèque, je dois parler à Vikia et Curunir.
Gort fini de s’allonger de s’allonger sur sa chaise et je parti.
Une fois à la bibliothèque, que j’atteins pratiquement sans me perdre, je réuni rapidement mes compagnons pour leur expliquer mes projets. Ils ne firent aucune opposition, habitués à mes envies d’exploration et sachant que je n’était pas capable de rester plus de quelques jours au même endroit. Je n’eus plus ensuite qu’à me promener dans les rayonnages pour assouvir ma soif de connaissance.
Vers cinq heure, je sorti pour aller  l’armurerie, mais j’arrivais à la taverne de l’ombre. Après un moment passer à chercher l’armurerie, je finis par la trouver. Gort m’y attendais. Dès qu’il fut rentré, un apprenti se jeta sur lui.
- Seigneur Isambart ! Vous tombez pile, Guillaume viens de m’envoyer vous cherchez.
Le forgeron était assis à la même table que ce matin, mais la torche avait été remplacée par une autre qui éclairait nettement mieux, si bien que je pus observer le forgeron.
Il était massif. Moins grand que Gort mais plus large et plus musclé. Son visage était caché par une grande barbe blonde. Il portait un grand tablier de cuir et des gros gants de forgeron. Il avait une voix raque et grave, une voix de grognon.
- Ha te voila toi. Pas trop tôt… Ta hache est réparée. J’ai du reforger la totalité de la lame, car le fer était fragilisé en profondeur, pas étonnant qu’il ai cassé. Je me demande comment tu as pu faire ça… On dirait que tu as voulu abattre un arbre en pierre ! Enfin… Tiens. La voila. Comme neuve. Ca fera 300 lunes, non négociable.
Gort déposa une bourse sur la table.
- Tiens vieux ronchon. Il y a pile le compte.
Nous partîmes.
- Il est toujours comme ça ?
- Non, il était de bonne humeur aujourd’hui. Viens voir.
 La boutique la plus proche était une taverne, et des tables étaient disposées devant la porte. Gort déplia la carte qu’il avait roulée dans un tube à sa ceinture sur une de ces tables et m’expliqua :
- Nous sommes ici, dans la ville d’Eliandre. Zedor est… là haut. Comme tu vois c’est assez loin, surtout si on doit contourner le désert du Itarg, cette grande partie vide. Sauf que nous allons le traverser, je sais qu’il y a quelques oasis, même si ils ne sont pas indiqués sur la carte. Nous allons donc passer par là, traverser cette grande zone boisée, les champs d’Isriama, de nouveaux bois et enfin nous arriverons au désert ! Voilà pour le général, passons au détail.
Gort se lança dans des explications poussées sur notre itinéraire, précisant qu'il n'y avait pas de route directe mais des petits bouts de route reliés par des chemins,voir des sentiers, que l'on avait des chances de croiser des brigands sur la partie route et des créatures dangereuses sur la partie chemin. Que beaucoup de chemins ne figuraient pas sur les cartes et qu'il faudrait faire au jugé (ce qui ne me gênait pas, j'ai toujours fait sans carte dans mes voyages) et enfin qu'il ne fallait pas trop se charger.
Avec toutes les questions et palabres qui vont avec, cette discussion avait pris plusieurs heures, si bien que nous rentrâmes au palais, réglant encore quelques détails.
Je n'eu plus qu'à noter ma journée dans mon journal.
Et je fini juste à l'heure pour aller dîner.

Lumières sombres des voyageurs des abîmes stellaires

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Sam 5 Déc - 15:46

100ème nuit de la saison de Sowelo



Je me réveille. Comme ça. Sans sursaut, mais d'un coup.

Il se passe quelque chose cette nuit. Quel jour est-on ? La nuit entre le 39 ème et le 40 ème jour après l'équinoxe de printemps. La 100ème nuit de la saison de Sowelo selon le calendrier d'Istrien. C'est la nuit du rituel ! Je m'habille de vêtements blanc légers fait pour cette cérémonie. Puis je sors. La porte est fermée mais ce n'est pas un problème. J'ouvre la petite porte des gardes avec Fehu. Les étoiles ici sont très différentes de celle du cinquième monde. Je trouve une place de terre avec un chêne au milieu. Je trace deux cercles concentriques autour du chêne avec mon bâton, puis j'appuie celui ci sur le tronc. Je dispose entre les deux cercles une série de galets marqués des 30 runes connues du futhark d'Algiz. Je m'installe dans les cercles. Debout, pieds écartés à largeur d'épaule, les yeux fermés. Les mains jointes, vers le bas. Je les lève lentement jusqu'à ma poitrine en inspirant, puis je les redescends en expirant. Arrivé en bas, je les remonte en inspirant jusqu'au dessus de ma tête puis je les laisse descendre lentement de chaque côté de moi en expirant.

Je recommence. Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. 7 fois. Je m'assois ensuite en tailleur, toujours les yeux fermés, le dos droit, à quelques centimètres du tronc du chêne.

Inspiration, expiration.

J'entre petit à petit dans un état de transe. Je ne peux plus penser à autre chose que ma respiration.

Inspiration, expiration.

Ma transe devient plus profonde. Je ne peux plus bouger d'un cil.

Je ressens tout. Autour de moi, je sens la fourmilière à quelques pas de là, je sens le frémissement des feuilles derrière moi, j'entends le murmure du vent.

Inspiration, expiration.

Puis un bruissement de plumes. Un gros oiseau s'est posé dans le cercle. Je sens ses plumes contre ma peau. Il se déplace, mais reste dans les cercles.

Inspiration, expiration.

J'entends alors un pas lourd qui vient vers moi, et je sens un souffle puissant. Sans esquisser une pensée, je laisse la créature se promener autour de moi.

Inspiration, expiration.

Au bout d'un moment, les deux animaux (mais est-ce vraiment des animaux ?) partent.

Inspiration, expiration. Une dernière fois.

Je sors tranquillement de ma transe et observe autour de moi. Les galets ont été déplacés, vers le cercle intérieur ou extérieur, et pratiquement tous sont retournés. Autour de moi, il y a des empreintes de rapace, comme d'habitude, et, plus étonnant, des traces d'ours. D'après les traces, ils ont tous deux déplacés des runes. En me penchant pour observer celles du cercle intérieur, je remarque que deux runes ont été dessinées dans le sol, avec une griffe. Je me lève et note sur un petit bout de parchemin les runes du cercle intérieur : Raidho, Ansuz, une rune inconnue en forme de parenthèses, Kenaz, Wunjo et l'autre rune inconnue, un cercle sous un trait horizontal. Je reprends mon bâton, efface les cercles et retourne dans ma chambre.



Les étoiles brillent intensément. 

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Dernière édition par Kaourentin del Cayla le Mar 1 Mar - 11:18, édité 1 fois
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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Sam 5 Déc - 19:37

40ème jour après l’équinoxe
J’écris sur la table d’une chambre du palais pour la dernière fois. Je constate que, encore, j’ai écris dans mon journal alors que je ne m’en souviens pas. De plus, mon écriture est très soignée, comme celle pour les grands livres. Pas mon écriture habituelle. Etrange, mais ça me feras moins à écrire.
Je me suis donc levé en pleine nuit pour effectuer le rituel du totem. Malgré tout, mon réveil fut matinal. Je trouvais Gort rapidement et pus déjeuner avec lui. Une fois sortis du palais, il me proposa une randonnée d’une matinée, il y avait des lieux à voir dans ce royaume. J’acceptais avec plaisir et je ne fus pas déçu.
Les paysages d’Eliandre sont magnifiques. Le royaume est rempli de petits ruisseaux qui ont façonnés un univers de collines et vallées. Nombreuses sont les collines recouvertes par les bois, les autres étant utilisées comme prairie. Une fois au sommet, l’horizon se trouve à des dizaines de lieux et la vue est sublime. Loin à l’Ouest se dessinent les montagnes brumeuses qui sont vêtues de neiges éternelles. Un peu au Nord de la ville, dans le fond d’une vallée assez plat et grand, il y a un marécage boueux et rempli de moustique qui abrite une flore que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Il y aurait une cabane abritant des gobelins quelque part dans ce marécage, mais nous ne l’avons pas vue. Nous avons déjeunés au pied d’un chêne au sommet d’une colline. On voyait, en face, le manoir de la sorcière Morgause. Nous arrivâmes à la source blanche aux environs de midi. Il s’agit en vérité d’une clairière traversée par une petite rivière. Cette rivière prend sa source au sommet d’un arbre du bord de la clairière. Oui oui, au sommet d’un arbre. C’est un arbre immense et imposant, Si haut qu’il semble toucher le ciel et au tronc si large que dix hommes se tenant par la main ne suffirait pas pour en faire le tour. Ses branches étaient larges comme des routes. Et sur ces branches coulent des ruisseaux qui tombent en cascades pour finalement former la rivière blanche. Encore un nom trompeur puisque que l’eau est plus claire que du cristal, seule l’écume provoquée par la chute des cascades prend cette couleur. Pendant que j’admirais cette incroyable arbre, Gort pris la parole :
- Le nom, « la source blanche » vient d’une légende sur la création de la source. Dans des temps très anciens, alors que l’arbre source n’était qu’un jeune arbre tout à fait normal, une jeune fille nommée Blanche avait coutume de venir se reposer ici. Elle y rencontra une licorne. D’abord ce n’était que des visions furtives, l’animal s’enfuyait dès que Blanche bougeait puis petit à petit un lien se tissa entre les deux êtres qui, au bout d’une année, devinrent des grands amis. Dès qu’elle le pouvait, Blanche rejoignait la licorne et elles passaient autant de temps que possible au pied de cet arbre. Seulement le père de Blanche, voyant sa fille délaisser les travaux de la ferme, eut des soupçons. Les poils blancs sur les robes de Blanches ne firent que les confirmer. Il obligeât sa fille à lui révéler l’existence de la licorne. Pensant à la fortune que pourrait lui rapporter la capture de l’animal mais connaissant la pugnacité des licornes, il appela tout le village pour traquer l’animal, forçant sa fille à les conduiras à la licorne. Blanche fut un instant face à la licorne, la suppliant de s’enfuir avant d’être repoussé contre le tronc de l’arbre par les villageois qui se ruaient sur la bête. Alors la licorne se cabra et transforma la jeune fille en pleurs en une source puissante qui noya les hommes cupides. Puis le cheval blanc calma la source et l’associa à l’arbre, pour que celui-ci rende heureuse la fille et fasse naître une rivière où viendrait se reposer les êtres pacifiques.  Ce serait la source Blanche, et toutes les licornes devraient venir rendre hommage à la jeune protectrice.
- C’est une belle légende.
- Je te propose de déjeuner ici avant de rentrer. Je veux te montrer quelque chose dans la ville et nous devons finir de nous préparer pour demain.
Nous déjeunâmes donc, un excellent déjeuner, avant de retourner à la ville par d’autres chemins, qui s’enfonçaient au fond des vallées et qui nous obligèrent à marcher dans l’eau. Mes chaussettes n’ont pas apprécié. Une fois en ville, Gort nous fit contourner le palais et entrer dans une petite cour puis passer à travers une vielle galerie. Comme toujours les arcades me rappelèrent une chanson « et que la fièvre marche avec nous sous les arcades… » Mais la découverte de la cour suivante me l’enleva de mes pensées.
C’était époustouflant.
La cour était par la plus belle des végétations. De l’herbe douces sur les allées, des fleurs colorées de tous les cotés, des rosiers grimpants accrochés aux cadres faisaient des roses rouges, roses, blanches ou noires.
A couper le souffle.
Il y avait aussi de grandes fougèrent qui caressaient les jambes des promeneurs, des grandes feuilles de plantes incroyables, qui prenaient des formes surprenantes.
De toutes ces fleurs émanaient un parfum fabuleux, du plus agréable. Il régnait dans l’air une magie calme, dormante et apaisante.
Gort me menât au centre de la cour, où se dressait un grand arbre sur une petite île au milieu d’un bassin d’eau claire parsemé de lotus blancs. L’arbre resplendissait, paraissait briller de sa propre lumière. C’était de lui que venait la magie de la cour. Au pied de l’arbre, une elfe sans âge méditait, vêtue d’une tunique blanche comme de la brume. Elle avait la même aura que l’arbre.
- Ilmarë, la gardienne de l’Arbre, me souffla Gort.
Ilmarë ouvrit les yeux. Nous regarda un moment. Ses yeux étaient verts. Vert profond. On aurait pu s’y noyer, à moins qu’on s’y envole. Le même vert que les feuilles de l’arbre. Elle dit, d’une vois très lente, légèrement éraillée, qui semblait sortir d’un épais brouillard :
- Vous allez partir pour un long voyage… C’est la dernière fois que vous voyez cet endroit. Prenez garde… la lame des sables sera votre alliée et votre ennemie. Les vagues du désert… le voleur des Sabres….
Magicien… il te faudra laisser ta part d’ombre. Chevalier… reste vaillant et droit.  Vous n’êtes pas les derniers… mais le cycle s’achèvera bientôt.   
Elle disparut soudain. Nous restâmes pétrifiés, abasourdis. Essayant de saisir le sens de ses paroles et de les graver dans nos mémoires.
Nous partîmes finalement et nous nous assîmes sur le muret de la galerie, à l’extrémité de la cour.
- Je suis… troublé, commença Gort.
- Tu n’es pas le seul. Qui était-ce ?
- Ilmarë. L’elfe qui garde l’Arbre sacré d’Eliandre. Elle est là depuis la nuit des temps et ne peux s’éloigner de l’arbre. Elle donne de précieux conseils, même Dame Olothiel la consulte. Mais je ne savais qu’elle était oracle. Je n’ai entendu dire qu’elle faisait la moindre prophétie.  
- C’était étonnant. Mais je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle voulait dire. « nous ne sommes pas les derniers » et cet histoire de cycle… ça remue quelque chose en moi, mais je ne sais pas quoi.
- Pareil.  Je n’aime les augures, ça a tendance à tout embrouiller. Je te propose de ne pas nous en faire, le destin nous réservera autant de surprises de toute façon.
Nous levâmes et retournâmes en ville, finir de préparer notre départ. Après quoi je notai ma journée dans mon journal. Et maintenant, je rêve…

Les astres s’enfoncent et les histoires tournent

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Kaourentin del Cayla
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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Mar 1 Mar - 11:16

41ème jour après l’équinoxe
J’écris face aux flammes d’un feu de camp. Ces flammes… Elles m’attirent et m’inspirent. Il me faudrait un poème sur le feu. Je l’écrirai. Mais d’abord je dois noter ma journée.
Gort et moi sommes partis une heure après le soleil, le temps de déjeuner et de saluer mes anciens compagnons.
Toutes nos affaires étaient rangées dans les sacoches de chevaux, si bien que je ne sentais plus le poids familier de mon sac et de ma sacoche sur mes épaules, ce qui était presque gênant, mais je finis par m’y habituer. Le début du voyage était tranquille, à travers les bois et les prés d’Eliandre. Nous déjeunâmes au pied d’un ruisseau dans les bois et c’est quelques heures après que je fis par à Gort de ma préférence pour la marche.
- Pourquoi donc ? me demanda-il
- Ce n’est pas pareil. Je trouve que l’on profite moins du voyage à cheval. On ne peut pas s’arrêter quelques minutes pour observer une fleur ou pour chercher un petit animal qui remue dans les feuilles parce que l’on aura pas vu ou entendu. Les chevaux font du bruit, les dryades et les habitants de la forêt fuient à notre approche. On n’a pas non plus le plaisir de l’effort et la joie de s’être dépassé. À cheval j’ai l’impression que le but est plus important que le voyage alors que « c’est le chemin qui choisi où l’on va ».
Gort acquiesça sans répondre. Nous continuâmes un moment dans le silence avant qu'il ne rétorque :
- Je te comprends, mais je ne suis pas d'accord avec toi. Être à cheval est un sport. Tu dois faire corps avec ta monture, pouvoir prévoir sa réaction à l'avance, être prêt à la calmer, à la guider. Toi qui te plaignais de douleur aux jambes, tu ne peux pas dire que ce n'est physique.
Dans les voyages en solitaire, ton cheval est ton seul compagnon et parfois même ton meilleur ami.
Et tu profites quand même de la route. Différemment qu'à pied, certes, mais tu profite quand même. Des paysages sublimes. De la beauté des petits coins que tu ne peux qu'apercevoir à travers les arbres.
Nous restâmes silencieux, chacun plongé dans ses pensées, puis nous nous mîmes à parler. De tout et de rien. De nous et des autres. Nous nous racontâmes des histoires vraies, possibles ou inventées, des rumeurs et des légendes. La forêt résonna de nos paroles et de nos chants jusqu'à la tombée de la nuit. Nous montâmes le camp au pied de quelques grands rochers. Gort m'envoya chercher du bois pendant qu'il allumait le feu avec ce qu'il y avait sur place. Quand je revins, déposant une brassée de bois mort non loin du cercle de pierre, le chevalier se battait contre son briquet. J'eus un sourire en m'accroupissant face au tas de bois.
- Tu as besoin d'aide ?
- Si tu avais un autre briquet, ce ne serait pas de refus. Le silex est mauvais.
- Pas besoin de briquet, laisse-moi faire.
Je pris une bûchette et gravais rapidement Kenaz dans l'écorce avant d'invoquer la rune du feu dans un  murmure.
La bûchette crépita,  rougit puis s'enflamma, mettant le feu à la pyramide de bois dans le cercle.
- Woaw. C'est efficace. C'est le genre de choses qui donne envie qui envie d'être magicien.
Je grimaçais et lui montrais ma paume de main, brûlée.
-C'est le genre de chose qui fait regretter d'être magicien. On a rien sans rien, ajoutais-je avec un sourire et en me levant pour aller chercher de la pommade. Le millepertuis irait très bien.
Gort faisait cuir un peu de viande sur le feu, l'odeur fit grogner mon estomac. Je m'installais à côté de lui pour manger et un morceau.
Quand je fus rassasié, je récupérais mon journal et m'installais pour écrire.
Mon compagnon, qui mastiquait un morceau de pain, me demanda :
- kéchkeché ?
- Pardon ?
Il avala. Puis se répétât de façon plus compréhensible.
- Qu'est ce que c'est ? Ce livre.
- Un journal. Gollor, le principal habitant de la Bibliothèque Labyrinthique de l'Horloge, m'a demandé de le tenir. Il devait sentir que j'allais vivre une jolie aventure. Je le tiens depuis une dizaine de jours et je m'attendais à quelque chose de plus contraignant. En vérité, c'est plaisant d'écrire.
Gort examina la couverture en cuir et le parchemin des pages.
- Je suis loin d'être un expert mais il me semble qu'il est spécial, non ?
- Pas que je sache. Il a juste beaucoup de valeur pour moi, c'est Kushumaya qui me l'a offert et il m’a longtemps servi de grimoire avant de devenir journal. Mais « les enchantements des histoires sont plus puissants que tous les sorts des mages. »
 
Nous restâmes silencieux, appréciant le simple fait d'être ensembles. Mon compagnon repris la parole :
- Étais-tu réellement obligé de te brûler la main pour allumer le feu ?
- Oui. En vérité, le feu ne voulait pas venir. Par sa propre volonté je veux dire. Ton briquet n'y était pour rien. Avec ma rune, je l'ai obligé à s'allumer, mais il n'a pas aimé ça. Il a donc exigé une contrepartie, pour se venger mais surtout pour évacuer l'énergie qu'il avait accumulée pour s'éteindre à chaque fois. J'aurais pu refuser, mais ça aurait été long et fastidieux, et comme je n'aurais plus rien demain...
- Pour faire de la magie, tu dois discuter avec toutes les choses ?
- En gros oui. Mais c'est un peu plus compliqué.
Je refermais mon journal et m'allongeais dans l'herbe, laissant mon regard dériver dans le ciel. Je repérais facilement une lune, la lune mère vu sa couleur et sa taille, et cherchait sa fille, la lune blonde. 
Rien. Le ciel avait perdu une lune. Pourtant, en cette cent deuxième nuit de la saison de Sowelo, mère et fille auraient du être ensemble. Je demandais donc à Gort pourquoi la lune blonde se cachait.
- La lune blonde ? De quoi tu parles ? La lune est juste là, je ne vois pas pourquoi tu la cherches.
- Oui mais sa fille ? La deuxième lune ?
- Il n'y a qu'une lune. Elle n’a pas de fille.
- Mais…
Je ravalais mes arguments. Après tout, une seule lune, pourquoi pas ? Surtout que c'était la lune mère,  la blanche, la grande. La magie sélénienne devait en être en modifiée, mais rester puissante.
- D'accord. Excuse moi, dans mon monde, il y a deux lunes : la lune mère, comme celle-ci, qui suit un cycle régulier, et une lune plus petite, jaune, qui suit un cycle beaucoup plus court en série de sept.
- Tu vivais dans un monde étrange. Je te propose de dormir, le voyage continuera demain, et je ne compte pas m’arrêter avant d'avoir passé les hauts murs d'Arand, quitte à voyager de nuit.
- Alors bonne nuit.
Il s'enroula dans ses couvertures, je sortis les miennes et fis de même, l'esprit perdu dans un poème et le regard dans les flammes.

Flammes

Flammes dansantes

Flammes crépitantes et attirantes

Flammes troublantes où mon regard se perd

Flammes rougeoyantes où la magie s’opère

Sur ce feu qui illumine la nuit

Ignorant le sommeil un poème s’écrit

Ses mots réchauffent mon cœur mieux que ces flammes attirantes
Ses mots m’accompagneront dans cette aventure palpitante

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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Dim 17 Juil - 22:13

42ème jour après l’équinoxe


Contrairement à ce qu’avait dit Gort, nous n’eûmes pas à chevaucher de nuit.
Nous partîmes peu après le lever du soleil, continuant de suivre la route principale. Les bois s’éclaircissaient peu à peu, laissant place à une plaine rase, inoccupée.  Environ une demie lieue après le dernier bosquet, un vaste mur se dressa devant nous. La route passait entre deux tours de pierre grise. Quelques archers patrouillaient au sommet des tours un hallebardier surveillait nonchalamment  la route, appuyé contre le mur. Il nous regarda passer sans nous poser de question.
- Nous sommes devant le mur d'Arand. La totalité du royaume est ainsi entourée pour se protéger des invasions des pays voisins, surtout de la population belliqueuse de Anfard, à l'est et des terres barbares encore plus à l'est.
- Qu'est-ce que tu entends par « barbares » ?
- Boaf. Des peuples sans réelle organisation, qui vivent pour la guerre et le pillage, avec des coutumes étranges et sanglantes. Leurs pays se battent toujours les uns contre les autres, les duels, les meurtres, les viols, les vols et la destruction de villages entiers sont monnaie courante. Des barbares. Mais ils manient très bien la hache.
- Je vois… et ce mur est réellement efficace ?
- Oui, mais il coûte cher. Les dirigeants se sont parfois demandé s'il ne vaudrait pas mieux laisser les barbares piller les frontières. Mais la population tient à sa protection. A quelques lieues d'ici, nous l'atteindrons sans doute demain, il y a un grand fort abandonné. Il a été pris et détruit pendant les grandes invasions, et n'a jamais été remis en état. Mais il reste impressionnant tu verras.
Nous continuâmes de discuter en avançant sur la route qui serpentait dans les prés où des vaches se promenaient en liberté puis dans de grands champs de blé ou de pommes de terre. Au soir, nous montâmes le camp au pied de l'un des rares arbres au bord du chemin. Nous n'avions rencontré personne si ce n'est un lapin qui attendait maintenant dans une gibecière, ce qui étonnait Gort. Habituellement, de nombreuses caravanes de marchands suivaient cette route.
Nous rassemblâmes les rares branches mortes dans un cercle de pierre déjà existant. J'allumais rapidement le feu d'une rune. Pendant que Gort faisait cuir le lapin, je soignais les chevaux, leur offrant le contenu d'une gourde faute de cours d'eau et les brossant un peu avant de les laisser brouter.
Le soleil était couché depuis une demi-heure mais le ciel était encore de cet orange rose si beau. Je restais à l'admirer jusqu'à ce que Gort me crie :
- Tu viens ? Ou tu tiens à manger du lapin froid ?
- J'arrive. Aimes-tu les couchers de soleil ?
Nous entamâmes une longue discussion sous les étoiles naissantes, le genre de discussion que l'on ne peut avoir que la nuit, dans le silence et l'atmosphère nocturne et qui, de coq en âne en pomme, ne se termine que quand le sommeil est lassé d'attendre.

Murmures du ciel assoupi…

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MessageSujet: Re: Ans 789 après le sacre de Louis IX   Mar 19 Juil - 19:17

43ème jour après l'équinoxe

Nous partîmes au matin, après que Gort nous ait fait revêtir nos armures. Quelque chose n'allait pas d'après lui. Je sentais une menace sourde. Nous profitâmes d'une rivière au nom imprononçable, I'Islch pour abreuver les chevaux et remplir nos gourdes, et nous atteignîmes le fameux fort en milieux d'après midi. Une construction massive, impressionnante.  D'énormes pierres grises formants des murs d'une dizaine de mètres de haut. Écroulés en quelques endroits.  Ne portant pratiquement pas de plantes, excepté au sommet, recouvert d'herbe.
Nous nous arrêtâmes au pied du grand mur qui nous barrait le chemin et descendîmes de nos montures. Le chevalier saisi son bouclier, méfiant.
Nous restâmes silencieux, moi saisi par l’imposance et la solitude de l'ouvrage, écrasé par sa taille, Gort attentif au moindre bruit, inquiet.
Un homme apparu soudain au sommet de la muraille. La hache de Gort apparu entre ses mains sans qu'il ai donné l'impression de l'avoir dégainé. A son costume extravagant, je reconnus aisément le personnage perchée au plus haut d'un mur inaccessible : Suirâm !
- Je suis heureux de vois voir réuni, dit-il d'une voix ironique. Les seuls qui ont réussis à me faire échouer plus de trois fois… J'imagine qu'une fois de plus vous allez tenter de m’empêcher de récupérer mon bien ?
Gort et moi nous regardâmes et dîmes d'une même voix :
- C'est un voleur que j'ai rencontré plusieurs fois…
Nous aurions éclaté de rire si Suirâm n'avait pas repris la parole :
- Un voleur ? Tsss… Je suis déçu que vous ne me voyez comme rien d'autre qu'un vulgaire bandit.
Le mot avait sur sa langue l'air de la pire des insultes.
C'est un affront. Cela mérite réparation. De plus, Kaourentin, tu possède une lame qui m’intéresse, et tu as eu la bonté de la sortir de la seule ville où je ne peux me rendre.
Malgré la distance, je vis un sourire se dessiner sur son visage. Deux sabres très fins apparurent entre ses mains. Il disparut. Je dégainais Nasphé. Nous nous tînmes prêt. Quand Suirâm se matérialisa entre Gort et moi, ses sabres fondants sur nous, nous parâmes sans souci. Le voleur de sabre s’attaqua aussitôt à moi, me désarma, me jeta au sol et m’immobilisa en quelques mouvements trop rapides. Aussitôt Suirâm évita souplement un premier coup de hache de Gort, se retourna et bloqua le deuxième en croisant ses sabres au dessus de lui. Les deux combattants restèrent un instant immobile, puis le bandit fit un bond en arrière. La bataille repris, Suirâm faisait volait ses sabres dans toutes les directions, Gort parait et frappait de sa hache comme de son bouclier. Je m’efforçais en vain de défaire le sort qui me maintenait contre terre en suivant le duel. Le voleur de sabre réussi à désarmer mon compagnon, mis le chevalier donna un grand coup de bouclier qui fit reculer son adversaire d’un mètre. Gort en profita pour dégainer son épée et relança l’assaut au moment où je finissais mon contre sort. Je me relevais, attrapais Nasphé et attaquait Suirâm. Il para le coup, regarda ses deux adversaires et disparut. IL était maintenant sur la muraille. Il nous jeta un regard haineux puis parti. Gort allait déverser sa colère en un flot d’injures. Je ne le laissai pas commencer.
- Que sais-tu de cet homme ?
- Pas grand-chose. C’est une…
- Inutile d’user ta salive en insultes, le coupai-je encore une fois. Raconte-moi ce que tu sais de lui.
Le chevalier inspira. Je ne réussi pas à décrypter son regard.
Suirâm est une ordure. Un brigand. Un voleur. Il se dit collectionneur de sabres et d’armes légendaires. Mais tout objet ayant une histoire l’intéresse. Et ce qui l’intéresse, il le vole. Je ne sais pas d’où il vient, ni même où est-ce qu’il habite. Personne n’a jamais réussi à trouver sa cachette parce qu’il a la sale habitude de se téléporter. Il prétend être le descendant d’Eéris le voyageur, mais il n’est ni philosophe ni poète, contrairement au vainqueur de Tyuya’h. 
Je ne compris pas cette dernière remarque, Gort m’expliqua plus tard qu’il faisait référence à la bataille d’Ulvel, une grande scène de la mythologie commune à plus ou moins tous les royaumes au nord du Itarg. Sur le coup, je restai silencieux un instant avant de répondre :
-Ça correspond à ce que je sais de lui. Comment l’as-tu rencontré ?
- J’ai du protéger quelques trésors qu’il convoitait. Le grand Arc d’Esayun quand il est passé d’Anfard à Isriama notamment. Et toi ?
- Pareil. J’ai fais parti de ceux qui protégeaient les sabres d’Hiegégar avant qu’il soit confié aux mages d’armes et mes runes l’ont plusieurs fois empêché de s’emparer d’armes mythiques. Je sais qu’il est né dans le cinquième monde, au bord des Vîlnes, une chaîne de montagnes. Il régnait sur une forteresse que l’Empire n’a jamais réussi à prendre, mais l’a abandonnée et détruite. Il possède naturellement le pouvoir de se téléporter, c’est inné chez lui, de même que le peut de magie qu’il maîtrise. Par contre, il est incapable de passer à travers un portail magique, y compris ceux qui joignent les mondes. Il doit être capable de passer d’un monde à l’autre différemment, mais il n’a jamais été vu dans les mondes connus. Peut-être qu’il peut passer uniquement dans ce monde-ci. Et il collectionne et vole toutes les armes célèbres.
Nous restâmes silencieux, immobiles. Le regard fixé sur le point où Suirâm avait disparu. Gort fini par dire, semblant regretter de briser le silence :
- On doit contourner le fort par l’Est. La route le coupe en deux par là bas.
Mais la route était bloquée. Là où elle passait entre les deux remparts de l’édifice, des rochers étaient tombés, joignant les murs. Gort poussa les pierres, elles étaient bien assemblées, il aurait fallu un bélier pour les déplacer.
Le chevalier soupira. Il semblait las plus qu’énervé, étrangement.
- Encore un coup de Suirâm j’imagine. On continue vers l’est ou tu peux faire quelque chose ?
- Je dois pouvoir faire bouger les pierres.
Je fis venir mon bâton entre mes mains. Gort frémit.
- Suirâm a le même pouvoir avec ses sabres.
- Pas du tout. Il peut téléporter certains objets qu’il connait parfaitement, et ils sont toujours quelque part, physiquement. Ce bâton me suit. Il n’est pas matériel, mais il est présent à coté de moi. C’est juste qu’il est invisible et impalpable quand je ne le demande pas. Maintenant…
  Je pointais mon bâton vers le mur. Mon premier essai ne fut pas concluant. Pas plus que le second. Des pierres qu’on a déplacées après plusieurs années de tranquillité sont souvent bougonnes et guère coopératives.  Au bout de quelques minutes et du troisième essai vain, je décidais de forcer. Gort me regardais sans rien dire. J’envoyais Uruz avec toute ma volonté. La rune frappa le monticule avec une force que n’aurait pu fournir un homme. Les pierres s’écroulèrent. La route était libre, encore qu’encombrée de gravats épars.
- Bravo. Nous continuons ?
- Pourquoi ne continuerait-on pas ?
- Alors continuons !
Et nous continuâmes jusqu’au soir, quand les basses collines de prés laissèrent places à des champs plus petits et des bois. Les flammes brillent, Gort fredonne, j’écris.


Et tout là haut, les étoiles veillent, songeuses


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